Infos du 13 Fevrier

Publié le par Père Jean-Pierre


Les parents demandent parfois à pouvoir donner une existence à leur enfant mort-né.

P
our la Confédération nationale des associations de familles catholiques, l’arrêt récent de la Cour de cassation est un
«nou­veau progrès» . À ses yeux, en sup­primant le seuil de 22 semaines ou 500 grammes qui prévalait jusque-là
(lire ci-contre)
, la haute juridiction
« a reconnu une existence à tout fœtus né sans vie quel que soit son niveau de développement »
.
Sage-femme à la clinique Sainte­Marie de Cambrai, une petite sœur des maternités catholiques a déjà eu à gérer des demandes d’inhumation alors que le seuil n’était pas atteint.

« Si le fœtus pesait 490 grammes, on peut dire qu’il en fait 500. Mais on est obligé de respecter cette règle. »
Or, constate-t-elle, « ne pas savoir où est allé le corps est une douleur pour les parents». D’autant que, «quand ils n’ont pas pu nommer l’enfant qu’ils attendaient, ils n’ont plus rien. Dans ce cas, il est difficile de faire le deuil de son enfant» . Quant à l’équipe médicale, elle «souffre» elle aussi de ne pas pouvoir dire où va le fœ­tus : généralement, elle évoque une
« incinération »
, quand en réalité les fœtus sont incinérés avec les déchets médicaux.
Avec certains couples croyants, les sœurs partagent tout de même un temps de «prière». D’autres, « chrétiens ou non », choisissent un prénom :
« Ce peut être “Petit Ange” ou “Tout Petit”. De toute façon, il ne sera pas inscrit à l’état civil. Mais cela per­met de s’adresser à lui, de construire une relation » , souligne la religieuse. La difficulté, convient-elle, tient à la durée du séjour de la mère : 24 heu­res le plus souvent. Pour Monique Blachier, responsable de l’aumône­rie à l’hôpital pédiatrique Armand­Trousseau à Paris, les pratiques de­vraient rester extrêmement variées.

« En deçà d’un certain seuil, certains parents continueront sans doute à ne pas vouloir voir le fœtus ni le reconnaître. D’autres le voudront.
Le nommer, cela fait beaucoup de bien. Cela veut dire qu’il y a eu de la vie. » Elle se dit en revanche plus réservée sur l’opportunité, pour des fœtus trop petits, de cérémonies de levée de corps comme elle en orga­nise pour les prématurés nés peu avant terme.
« L’intérêt d’une inscription sur le li­vret de famille du fœtus né sans vie est qu’elle donne une place au fœtus que la femme – et le couple – a porté, at­tendu, désiré, investi aussi»
, confirme le professeur d’éthique à l’Institut protestant de théologie de Montpel­lier, Jean-Daniel Causse. À ses yeux, il ne s’agit pas seulement de prendre acte de la souffrance du couple, mais
« d’inscrire l’enfant attendu dans une histoire ».
En revanche, il s’interroge sur la suppression du seuil de 22 se­maines ou 500 grammes. D’abord, cette décision pourrait être utilisée pour revenir sur la légalisation de l’avortement. Ensuite, elle pourrait traduire une biologisation de l’hu­main: «L’humain ne se réduit pas au biologique.» «Il faut consentir à ce qu’il y ait de l’arbitraire dans la définition de la viabilité du fœtus: on ne sait pas définir le début de l’humain, qui demeure enveloppé de mystère » , note-t-il. Les souffran­ces individuelles des parents ne peuvent fonctionner comme «une injonction qui obligerait la société à y répondre, souligne-t-il. Le désir parental ne peut pas faire loi. »
De son côté, c’est davantage la

«rapidité»
avec laquelle a été réglé le problème, «par une jurispru­dence» , qui surprend le P. Olivier de Dinechin. Désormais, ce qui compte, pour ce jésuite spécialiste de bioéthique, c’est que toutes les parties concernées – les médecins, mais aussi les parents – se mettent autour d’une table pour définir des
« règles de bonne conduite »
qui puis­sent être proposées au cas par cas.
ANNE-BÉNÉDICTE HOFFNER ET ÉLODIE MAUROT

« Il s’agit d’inscrire l’enfant attendu dans une histoire. »

 
 

mer. 13 févr. 2008

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Mgr Jérôme, nouvel archevêque d’Athènes et nouveau primat de l’Eglise de Grèce, a quitté, en début de semaine son ancien diocèse.

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