31 Decembre,infos
EXPLICATION En Inde, les heurts entre hindous et chrétiens ont fait plusieurs morts Les célébrations de Noël ont ravivé des tensions déjà existantes entre communautés chrétiennes et hindoues. Que s’est-il passé la nuit de Noël ? Pour les 100 000 chrétiens du district tribal de Kandhamal, dans l’État d’Orissa (est du pays), les célébrations de Noël ont culminé dans la violence. Il a suffi d’une étincelle, en apparence anodine, pour rallumer le feu des haines communautaires. À l’origine : une dispute entre chrétiens et hindous, le 24 décembre, à propos de l’érection d’une arche de bienvenue destinée à marquer la fête religieuse dans le village de Brahmanigaon. Le lendemain, trois églises étaient réduites à des décombres calcinés, 12 autres vandalisées, et les actes « punitifs » d’extrémistes hindous contre les institutions chrétiennes se multipliaient. Les heurts se sont propagés au district, faisant un mort et 25 blessés, et poussant les autorités à imposer le couvre-feu. Dans quel contexte ces événements se sont-ils déroulés ? Ces violences ont coïncidé avec les protestations du Vishwa Hindu Parishad (VHP), une branche hindoue radicale, à propos d’une attaque perpétrée la nuit de Noël contre leur activiste Swami Laxmananad Saraswati. Les chrétiens de Brahmanigaon, menés par l’influent politicien Radha Kant Nayak, auraient arrêté son véhicule et l’auraient frappé. « Les missionnaires veulent convertir la population tribale, et je suis perçu comme un obstacle à leur projet », accuse cet hindou. Les chrétiens, eux, dénoncent le « règne de la terreur » imposé par le VHP et ses sympathisants, les empêchant de célébrer Noël. Les jours suivants, la situation s’est enlisée, dégénérant de part et d’autre, au point d’inquiéter New Delhi qui a envoyé des renforts paramilitaires pour rétablir le calme. Mais, après l’incendie d’un commissariat de police par une foule d’hindous, les forces de l’ordre ont ouvert le feu, tuant trois hommes. À ces morts s’ajoutent un bilan de 19 églises détruites, des dizaines de maisons saccagées, et la peur qui plane désormais sur les villages. Des marches de prière pour la paix devaient réunir des responsables politiques et religieux, ainsi que des militants des droits de l’homme, en plusieurs localités de l’Orissa. Pourquoi ces tensions persistantes ? Dans certaines régions tribales de l’Inde, la tension entre le clan des chrétiens et celui des brigades de l’Hindutva est une réalité, exacerbée par le radicalisme hindou. En Orissa, chacun garde en mémoire le meurtre du missionnaire Graham Staines et de ses deux fils, brûlés vifs en 1999 par un fanatique. Les groupes pro-hindous accusent les chrétiens, qui représentent 2,3 % de la population, de procéder à des « conversions forcées » auprès des communautés pauvres. Les tensions ont poussé plusieurs États à promulguer des lois anti-conversion. Mais pour les exclus, qu’ils soient dalits ou tribaux, la conversion est souvent le seul moyen d’échapper à rigidité du système des castes et à la misère dont ils sont les victimes. VANESSA DOUGNAC (à New Delhi) | ||
lun. 31 déc. 2007
Nous nous proposons de publier chaque semaine un extrait de l’œuvre ascétique de saint Ephrem le Syrien. Cette publication n’a aucune visée universitaire. Elle est donc dépouillée de tout apparat critique et ne comprendra pas ordinairement de commentaire. Le texte nous semble immédiatement compréhensible et propre à servir l’édification du lecteur qui aura pour seule tâche d’adapter à sa situation présente cet enseignement donné par saint Ephrem à des moines. Et encore, cette adaptation ne sera nécessaire qu’à propos des aspects pratiques et non des exigences spirituelles qui sont identiques pour les moines et pour les laïcs. Un mot de l’auteur : Ephrem le Syrien est le grand auteur classique de l’Eglise syrienne. Né à Nisibe en 306, il devint diacre avant 338 et le resta toute sa vie. Lorsque les Perses prirent la ville de Nisibe en 363, il s’exila avec les chrétiens et partit avec eux s’installer à Edesse sous la protection romaine. C’est là qu’il fut à la fois exégète, polémiste, prédicateur et poète. Il ne parlait pas le grec, mais ses œuvres furent assez vite traduites surtout en grec et, souvent, “adaptées.” Il mourut vers 373. Le premier texte que nous proposons, le montre au terme de son exode, arrivant dans la ville d’Edesse.
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dim. 30 déc. 2007
Père Païssios, moine du Mont-Athos, Le vénérable Georges (Hadji-Géorgis), Moine du Mont-Athos (1809-1886). Traduit du grec par Sœur Svetlana Marchal avec la collaboration des sœurs du monastère Saint Jean le Théologien, Éditions du Monastère Saint Jean le Théologien, Souroti de Thessalonique, Grèce, 9e édition, 2007, 103 p.
Ce petit livre, écrit par le Père Païssios, l’un des plus grands et plus célèbres spirituels orthodoxes du XXe siècle, retrace la vie et brosse le portrait d’un grand ascète athonite du XIXe siècle, le Père Georges, dont le nom est précédé de Hadji, mot turc qui désignait les personnes ayant effectué un pèlerinage aux Lieux Saints.
Le Père Païssios n’a connu ni le Père Georges ni ses disciples, et c’est auprès de ses petits-enfants spirituels de la Sainte Montagne qu’il a pu, dans les années cinquante du siècle dernier, recueillir les informations qui lui ont permis de composer cette hagiographie.
Le Père Georges manifesta dès son enfance un goût prononcé pour l’ascèse. Devenu moine au Mont-Athos alors qu’il était encore adolescent, son rayonnement ne tarda pas à attirer auprès de lui de nombreux disciples qui constituèrent plusieurs communautés sur la Sainte Montagne et en dehors. La Père Georges donna comme règle à ces communautés la prière continuelle et le jeûne perpétuel intégral, c’est-à-dire outre l’abstention de tout produit d’origine animale, l’abstention de toute graisse végétale même les jours où sa consommation est autorisée. Cette dernière pratique, attira au Père Georges et à ses disciples, de la part d’autres moines et de certaines autorités ecclésiastiques, le reproche d’outrepasser les canons.