Infos du 29 Decembre

Publié le par Père Jean-Pierre

sam. 29 déc. 2007

Radio : les fêtes de la circoncision de notre Seigneur, de saint Basile et de sainte Geneviève

L'émission de radio L'Eglise orthodoxe aujourd'hui propose, le dimanche du 30 décembre, à partir de 17 heures sur Radio Notre-Dame, un entretien sur les fêtes de la circoncision de notre Seigneur Jésus Christ et de saint Basile le Grand, ainsi que sur le sens chrétien du temps, avec Olivier Clément, professeur
émérite à l'Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge de Paris. Puis père Noël Tanazacq, recteur de la
paroisse francophone Sainte-Geneviève-Saint-Martin à Paris, parlera de la vie de sainte Geneviève, patronne de la ville de Paris, dont la fête est le 3 janvier.

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La vie séparée des Églises produit aussi sa dogmatique de la séparation. Plus qu’une dogmatique : une pathétique, une sensibilité.

L’année qui touche à sa fin laisse en héritage un peu d’es­pérance, allumée en octobre dernier à Ravenne (Italie), où s’est réunie la Commission mixte internationale de dialo­gue théologique catholique-or­thodoxe. L’Église romaine et la plupart des Églises orthodoxes (sauf celle de Moscou, partie avant la fin de la rencontre) ont réussi à parler le langage commun qui semble déjà oublié, celui du premier millénaire chrétien. Elles sont arrivées presque à réconcilier les deux notions fondamentales de deux ecclésiologies, celles dites de « conciliarité » et d’« autorité ».
Les quarante-six points du document final, signés de deux côtés, pointillent l’ombre de l’unité qui se dessine déjà à l’horizon, non seulement de l’au-delà, mais de l’histoire d’ici et de demain ou de l’après­demain. Il semble qu’il suffirait d’ajouter à ces quarante-six points encore huit ou dix points supplémentaires, et les cloches d’Orient et d’Occident annonceront la fête du retour – ou de la redécouverte – de la parole réalisée du Christ :
« Que tous soient un… » Mais attention ! Les commis­sions mixtes de dialogue ne sont pas les Églises. Les experts peu­vent raisonner ensemble sur la beauté théologique du concept de la responsabilité du Peuple de Dieu qui veille sur le dépôt de la foi, mais ce dépôt contient aussi la pesanteur millénaire de la di­vision. Le mot Tradition, comme on sait, s’écrit tantôt avec une majuscule et tantôt avec une minuscule, et il n’est pas facile de les diviser d’une manière juste et précise.
La vie séparée des Églises produit aussi sa dogmatique de la séparation. Plus qu’une dogmatique : une pathétique, une sensibilité. La résistance à l’Oc­cident fait partie de la mentalité orientale (pas de tous les Orientaux, naturellement). Cet esprit de combat est devenu beaucoup plus fort après la chute de communisme, quand les pays à population majoritai­rement orthodoxe ont été « occi­dentalisés » presque malgré eux. Telle mentalité, conciliaire ou non, n’est jamais invitée à signer les documents. Ce n’est pas par hasard, peut-être, que la déléga­tion de l’Église orthodoxe russe a quitté la réunion de Ravenne sous un petit prétexte, pour ne pas être engagée dans les prises
de position que son peuple ne soutiendrait pas.
Les uns diront que l’on ne peut prendre de décisions si impor­tantes sans convoquer le Grand concile panorthodoxe (qui reste un projet depuis quatre décen­nies, mais dont personne ne veut). D’autres affirmeront que ces œcuménistes des com­missions mixtes ne sont que des uniates et des cryptocatholiques qui doivent être excommuniés… Les plus radicaux se sépareront des Églises officielles pour fonder leurs Églises, « vraies », pu­res, intransigeantes, minuscules. Aucune signature et aucune autorité ne pourront les contraindre à accepter des choses qu’ils considèrent comme inaccepta­bles.
Le schisme intérieur est ce que les Églises veulent éviter à tout prix. La rencontre de Ravenne a fait faire un pas réel au dialogue entre catholiques et orthodoxes. Mais, afin que les pas suivants puissent devenir décisifs, il faut savoir éduquer à l’unité. L’édu­cation des esprits et des cœurs doit être réciproque.
« La prési­dence dans l’amour »
de l’Église de Rome, quand elle n’est plus honorifique et symbolique, pourrait faire des miracles. Même en Orient.




Vladimir Zielinsky

Écrivain, prêtre orthodoxe russe
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Publié dans infos diverses

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