saint Païssij Velitchkovskij
saint Païssij Velitchkovskij
Par ptit moine le jeudi 20 décembre 2007, 14:55 - vie monastique - Lien permanent
Pour présenter saint Païssij — dont je voudrais poster quelques instructions monastiques —, je me permets d'emprunter le résumé imprimé sur la couverture de Le starets moldave Païssij Velitchkovskij de l'archiprêtre S. Tchetverikov, publié par l'abbaye de Bellefontaine.
Une occasion pour recommander deux livres en français édités par cette abbaye dans la coll. Spiritualité orientale :
— celui précité et
— l'Autobiographie de Païssij Velitchkovskij.
« Le starets Païssij Velitchkovskij naquit en 1722 à Poltava en Ukraine. Saisi par Dieu, il a très tôt pris conscience que l'essentiel de la vie chrétienne est la loi de l'amour. Toute son existence ne fut qu'une longue et sinueuse quête de la volonté de Dieu sur lui. Bien malgré lui, il fut amené à rénover le monachisme orthodoxe au XVIlle siècle ; il lui rendit ainsi toute sa vigueur et sa fécondité, en le fondant sur un retour aux Pères et sur la prière de Jésus.
Devenu moine au Mont Athos, il le quitta avec la com-munauté qui s'était constituée autour de lui, pour s'installer en Roumanie, d'abord à Dragomirna, puis à Secu et enfin à Neamts, où il mourut le 15 novembre 1794.
Soucieux d'une vie de perfection, Païssij, pour guider les frères de sa communauté, s'est dépensé sans compter pour corriger et traduire les livres patristiques. Il a également écrit quelques petits ouvrages et rédigé quelques lettres sur la vie monastique en général, sur la prière de jésus, ou pour répondre à diverses questions qui lui étaient posées.
On perçoit, chez le starets de Neamts, les qualités d'un véritable père spirituel, charismatique, soucieux du salut de ses nombreux disciples, en Moldavie, en Russie ou même en Grèce. Pour nous aujourd'hui, il peut encore être un maître pour apprendre à combattre les passions, à guérir notre âme grâce à l'humilité et à la prière, à suivre le Seigneur, en tout, avec amour. »
saint Païssij - instruction I
Par ptit moine le vendredi 21 décembre 2007, 15:00 - sentences
Instructions aux moines du starets Païssij
recueillies par le starets Georges de Cernica
On rapporte ici quelques-uns des nombreux conseils de notre starets Païssij pour notre utilité commune et en souvenir de lui.
Pères et frères, le fondement de tous les commandements de Dieu est l’obéissance. Dieu a établi en premier lieu l’obéissance parmi les anges, dans le ciel ; ceux qui n’ont pas obéi, et se sont enorgueillis, sont tombés et sont devenus démons. Pensons aussi à Adam au paradis terrestre : le Seigneur lui a commandé de ne pas manger de l’arbre de la connaissance et pour avoir désobéi, il s’est retrouvé dans la mort et dans l’enfer, avec toute sa race.
Pensons encore à l’obéissance de notre Seigneur Jésus Christ, qui s’est rendu obéissant au Père jusqu’à la mort de la croix (cf. Phil. 2, 8). De la même manière encore, les saints apôtres ont obéi à notre Seigneur Jésus Christ jusqu’à la mort. Judas le traître, au contraire, qui n’a pas gardé l’obéissance, a péri misérablement. Des apôtres, l’obéissance s’est étendue à toute l’Église, à tous les croyants. Tout ce qu’ils possédaient, ils l’apportaient et le déposaient aux pieds des apôtres et personne n’osait dire sien ce qui lui appartenait, mais entre eux tout était comnun (Actes 4, 32-35). Mais voici qu’Ananie, avec sa femme Saphire, cachèrent et gardèrent pour eux une partie du prix de la vente et aussitôt ils tombèrent à terre, morts, tous les deux (cf. Act. 5, 1-10).
L’obéissance est ensuite devenue la caractéristique de l’ordre monastique et de la vie cénobitique des saints Pères, lesquels ont gardé l’obéissance en renonçant jusqu’à leur mort à la volonté propre, au jugement propre et à leur propre avis, sans murmures ni protestations. Un des saints Pères, pour avoir dit par inadvertance que quelque chose était à lui, s’est vu imposer pendant longtemps la pénitence canonique de ne pas s’approcher de l’eucharistie et de se prosterner sur le seuil de l’église et du réfectoire pour demander pardon à ceux qui entraient et sortaient. La véritable obéissance consiste en ceci : ne pas penser qu’on sert les hommes, mais bien le Seigneur. De sorte que si, en accomplissant son service, quelqu’un pense servir les hommes, il n’en recevra pas la moindre récompense.