les relations œcuméniques, les questions inter orthodoxes et la situation en
Sur le site de l’Université catholique d’Ukraine un entretien avec le métropolite Kallistos (Ware), réalisé par le père André Doudtchenko, du Patriarcat de Moscou, vient d’être mis en ligne.
Dans celui-ci, les dialogues œcuméniques sont évoqués en premier. Mgr Kallistos remarque notamment que « (…) le dialogue le plus prometteur est le dialogue avec les Eglises orthodoxes orientales, ou non chalcédoniennes, que nous avons l’habitude d’appeler « monophysites » quoique ce terme devrait être évité. Je crois que dans cette question il n’y a pas de difficulté dogmatique significative. » Il note cependant des obstacles et des oppositions : « Du côté orthodoxe, le refus vient des moines du mont Athos, ainsi que de certains professeurs de l’Université d’Athos. Du côté non chalcédonien, il y a aussi des contestations. » Avec l’Eglise catholique, « la question est plus problématique », tandis qu’il n’est pas optimiste pour le dialogue avec l’Eglise anglicane. En effet : « (…) les différences n’ont fait que s’accroître entre nous. Aujourd’hui nous sommes en présence, non seulement du problème de l’ordination des femmes, mais aussi de celui de certaines communautés anglicane qui bénissent des mariages homosexuels.»
Concernant les protestants, il remarque : « je trouve que la perspective de l’unité est encore très éloignée, cela tient surtout au fait, qu’elles n’ont pas d’épiscopat. Mais même dans ce cas, les discussions théologiques doivent nous apprendre des choses. Je voudrais souligner que nous, orthodoxes, nous devons bien sûr témoigner la foi orthodoxe, qui est la foi de l’unique vraie Eglise du Christ : l’Eglise orthodoxe. Ainsi, nous participons au dialogue afin de témoigner notre orthodoxie, mais nous devons aussi être là pour écouter. Nous devons nous mettre à l’écoute des questions des chrétiens occidentaux et de leurs problèmes, parce que dans 20 ou 30 ans nous pourrions rencontrer les mêmes problèmes dans le monde orthodoxe. Nous sommes forcés de constater, que le matérialisme occidental se répand, dans les pays de traditions orthodoxes, nous, orthodoxes, nous devons défendre notre vision. Nous pouvons étudier l’expérience des chrétiens occidentaux. En écoutant ces chrétiens occidentaux, nous pouvons mieux comprendre l’orthodoxie. »
Enfin il précise sur le Conseil œcuménique des Eglises : « (…) je suis très réservé à son sujet. Je ne pense pas que cela vaille la peine de participer à de très larges réunions œcuméniques. Par contre, il est de notre intérêt de prendre part à quelque chose de positif, c'est-à-dire, en participant à de plus petites réunions sur des sujets bien précis, notamment, dans la Commission « Foi et Constitution ». Mais à nouveau, je le répète, nous, orthodoxes, nous devons y participer. On n’obtient rien par notre absence. »
Concernant les questions inter orthodoxes : « La première question, est (…) l’organisation des églises orthodoxes dans le monde occidental. Je n’emploie pas le terme de « diaspora ». La « diaspora » concerne les personnes qui sont temporairement parties dans un autre pays, de façon forcée ou librement, mais qui désirent revenir dans leur patrie. Mais la plupart des orthodoxes dans le monde occidental ne le sont plus, ils se sont fixés en Occident etc. Nous devons donc tendre à ce qu’en chaque endroit où les orthodoxes sont présents, apparaissent des églises orthodoxes locales. »
L’autre question se rapporte aux relations avec les autres chrétiens. Puis, la situation « très compliquée » de l’Ukraine est abordée. Il dit notamment : «La situation actuelle en Estonie, est l’exemple de ce qui peut se produire un jour en Ukraine, comme vous l’avez décrit. En Estonie, il y a deux juridictions orthodoxes – certaines paroisses sont sous la juridiction de Moscou, d’autres sous la juridiction de Constantinople. Pour l’instant la paix règne entre elles. Du point de vue canonique cette situation n’est pas normale, mais en fin de compte, ces deux Eglises ont la bénédiction de leurs Patriarcats. Mais il est évident que ce n’est pas une situation idéale. Il est possible qu’une telle situation se produise en Ukraine, mais je ne la considère pas comme une solution idéale. A la rigueur, cela peut être un compromis temporaire. C’est pourquoi j’espère que nous choisirons la voie de la discussion entre les Patriarcats et je prie pour cela. Nous devons discuter de ces questions dans un esprit de conciliarité et ne pas agir tout seul.»