Infos du 08 Decembre

Publié le par Père Jean-Pierre

 

A Gracanica nun in prayer


Les moniales redoutent une catastrophe, à l’image des émeutes qui avaient visé les lieux de culte orthodoxes il y a à peine quatre ans

MONASTÈRES DE GRACANICA ET DECANI

De notre envoyée spéciale

A
vant de pénétrer dans l’enceinte du monastère de Gracanica, à une dizaine de kilomètres de Pristina, il faut passer la guérite où s’ennuie un soldat suédois des forces de l’Otan en charge de la protection du site. Un panneau rappelle qu’il est interdit de porter sur soi des manches courtes, de la nourri­ture et des armes à feu. Dans cette
église rose ocrée du XIV
e
siècle, la frêle lumière des bougies de cire jaune éclaire à peine les visages douloureux des icônes et lance des ombres vacillantes sur les fresques délicates. La fraîcheur des pierres fait frissonner. Sœur Maria fait les honneurs des lieux. Grosses lunettes et sourire juvé­nile dans un visage encadré par le sévère habit noir, elle a cet âge in­déchiffrable qu’ont les religieuses, entre enfance et éternité.
Vingt-quatre moniales survivent encore péniblement dans cette en­clave serbe, îlot d’orthodoxie, dans un Kosovo sous protectorat des Nations unies et peuplé de 90 % d’albanophones majoritairement musulmans. Toujours sous bonne garde des militaires, les sœurs tra­vaillent la terre, s’occupent des ruches et portent secours à qui en a besoin. À la veille de l’indé­pendance que proclamerait le pre­mier ministre du Kosovo, Hashim Thaçi, les moniales redoutent un scénario catastrophe à l’image
des événements de mars 2004 où de nombreux monastères et égli­ses serbes orthodoxes avaient été vandalisés et incendiés. La peur est partout palpable.
Sur la table du monastère, l’al­cool de prune maison et un vin doucereux achèvent le visiteur. «
Belgrade nous a abandonnés , constate amèrement Radmila, une laïque qui soutient la com­munauté. Nous ne sommes que des pions dans le jeu politique. Quand il y aura l’indépendance, nous serons livrés aux Shiptars
(nom péjoratif pour les Alba­nais)
. » La mère supérieure opine du chef. «Pourtant les Shiptars ne peuvent rien seuls, ils sont comme des enfants. Ils ont besoin d’être dominés , poursuit­elle. Nous sommes le dernier rem­part de l’Occident contre l’islam et nous sommes sans défense. »
Pour l’heure, le monastère s’in­quiète surtout pour ses terres soumises à une forte pression immobilière par les Kosovars al­banais. Pas question, pourtant, d’abandonner le lieu et des siècles de présence dans ce que les Serbes considèrent comme le berceau de leur nation. Gracanica, d’ailleurs, reste un haut lieu de rassemble­ment du nationalisme serbe. Avant la guerre, cependant, des pèlerins roms musulmans y venaient aussi implorer la Vierge à l’occasion du 15 août.

Le spectre de 2004

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En deux jours d’émeutes, en mars 2004, plus de trente égli­ses et monastères serbes du Kosovo avaient été détruits par les émeutiers albanais. Au total, depuis juin 1999, près de 150 lieux de culte ont été pillés, incendiés, profanés ou vandalisés.

Plus au sud, aux confins des montagnes qui bordent l’Albanie et le Monténégro, le magnifique monastère de Decani a rehaussé récemment son mur d’enceinte. Des jeunes, désœuvrés, s’étaient amusés au printemps à s’essayer au tir de roquette sur l’abbaye. La Kfor (Force de paix pour le Kosovo) italienne, pourtant, veille au grain et empêche nerveusement tout Al­
banais d’y entrer. À l’intérieur, les frères poursuivent leur vie contem­plative rythmée par les appels du semantron, cette planche de bois qui sert de cloche.
À quelques kilomètres de là, dans la ville de Pec, l’évêché serbe or­thodoxe de Raska et Prizren se renferme dans un silence prudent et renvoie à son site Internet. Les dernières années au Kosovo y sont qualifiées de
«Golgotha» de l’Église serbe orthodoxe, dont les fidèles seraient des « martyrs » . « Plus le danger est grand pour nos vies,
commente martialement le Père abbé Théodosios, de Decani,
plus forte sont notre foi et la vie monasti­que. » Une vie sous adrénaline qui attire les vocations. Les postulants se pressent dans les monastères du Kosovo.
GAËLLE PÉRIO




Un soldat italien de la Kfor monte la garde dans l’enceinte du monastère serbe orthodoxe de Decani, au sud du Kosovo. Au printemps dernier, des jeunes, désœuvrés, s’étaient essayés au tir de roquette sur l’abbaye.
FILIP DE SMET/PHOTONEWS/EYEDEA

« Belgrade nous a abandonnés, constate amèrement Radmila, une laïque qui soutient la communauté de Gracanica.
Nous ne sommes que des pions dans le jeu politique. »

 

 
 
From the entrance gate


sam. 08 déc. 2007

«L'Europe doit retourner à ses racines chrétiennes et à l'unité spirituelle, sacramentelle et doctrinale qui existait avant le schisme des deux Eglises» a déclaré le patriarche Bartholomée

Le 30 novembre dernier, recevant pour la saint André la délégation romaine conduite par le cardinal Walter Kasper, le patriarche œcuménique de Constantinople a notamment déclaré : «  L’Europe doit retourner à ses racines chrétiennes et à l'unité spirituelle, sacramentelle et doctrinale qui existait avant le schisme des deux Eglises.»

Il a aussi appelé à une «nouvelle évangélisation des peuples» et a précisé « Nous pensons que l'Europe de l'est et l'Europe de l'ouest doivent cesser au plus vite de se considérer comme étrangère l'une à l'égard de l'autre.» Il a souhaité que «(…) les contacts entre les chrétiens de tradition latine et ceux de confession orthodoxe deviennent plus productifs des deux côtés.»

Le 7 décembre, le métropolite Cyrille de Smolensk (Patriarcat de Moscou) a rencontré au Vatican le pape Benoît XVI. «Les relations bilatérales entre l'Eglise orthodoxe russe et l'Eglise catholique romaine, ainsi que le dialogue catholique-orthodoxe en général furent les principaux sujets de la rencontre.»

Radio : le 125e anniversaire de l’achat de l’église des Saint Archanges à Paris

Dans l'émission de radio L'Eglise orthodoxe aujourd'hui, du dimanche 9 décembre, Bogdan-Florin Vlaïcu proposera un entretien avec le père recteur Constantin Tarziu et avec le père diacre Jean Boboc sur la célébration, le dimanche 25 novembre, du 125e anniversaire de l’achat de l’église orthodoxe roumaine de Saints Archanges de Paris par le roi de Roumanie Charles Ier et du 115e anniversaire de sa consécration par l’évêque Innocent Ploiesteanul. Ensuite un regard chrétien sur le film roumain 4 mois, 3 semaines et 2 jours, qui a remporté, le samedi premier décembre, à Berlin, le prix du Film européen 2007, équivalent des Oscars, décerné par l'Académie européenne du film, après avoir déjà obtenu la palme d'or au festival de Cannes en mai dernier.

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Venise: un colloque sur le père Paul Florensky

Un colloque s’est tenu à Venise le 5 décembre sur le père Paul Florensky.

Liban : un colloque à l’Institut orthodoxe de Balamand sur «Penser la modernité»

Le doyen de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, à Paris, l’archimandrite Job (Getcha), s’est rendu, du 2 au 4 décembre, à l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Jean-Damascène à Balamand, près de Tripoli au Liban, pour participer à un colloque sur le thème «Penser la modernité».

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ven. 07 déc. 2007

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Publié dans infos diverses

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