Méditation du P.Lev Gillet
« Apprenez de moi... » On ne peut connaître Jésus sans apprendre Jésus. Apprendre : jour par jour, heure par heure, peu à peu. Tâche de docilité et de persévérance. Elle suppose la familiarité quotidienne avec Jésus : être auprès de lui, l’écouter. « De moi... » Le Sauveur désire ce rapport direct, intime, avec chaque âme. D’autres pourront nous préparer à son message et nous le redire avec fruit. Mais ils ne seront jamais que des répétiteurs. Lui Seul est le Maître, celui dont l’enseignement coule de source. Et ici l’enseignement se confond avec l’enseignant. Recevoir le message de Jésus, c’est découvrir la personne du Maître. Jésus veut nous révéler ce qu’il est. Et que veut-il que nous apprenions au sujet de lui-même? Ceci, qui est bien simple, et bien court, et accessible aux plus frustes : « . . .que je suis doux et humble de coeur ». Voilà ce qu’il veut que nous sachions en premier lieu. Est-ce peu de chose? Sous le voile de ces mots, nous pourrions découvrir Bethléem et le Golgotha.
Pour s’attacher à la connaissance de Jésus, il faut être capable d’un certain désintéressement et d’une sorte d’objectivité sacrée. Il faut que cette connaissance soit l’intérêt suprême de notre vie. Empêcher donc la préoccupation de nous-mêmes, fût-ce sur le plan spirituel, de devenir suprême. Ce que nous apprendrons de Jésus sur Jésus nous doit être plus précieux, plus désirable que ce que nous apprendron8 sur nous-mêmes. Car la figure du Sauveur nous fait immédiatement prendre conscience de nos propres proportions, de notre situation. Et c’est d’elle qu’émane immédiatement la possibilité – plus : la puissance active – de notre métamorphose. Mais la figure de Jésus ne doit pas nous intéresser premièrement à cause de ses effets sur nous. C’est sa beauté intrinsèque qui doit d’abord nous saisir.
« Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m’as pas connu, Philippe ! » Mon enfant, avec toi aussi je suis depuis tant d’années! Cependant, à bien des égards, je demeure pour toi un inconnu. Ce que tu sais de moi n’est rien, en comparaison de ce qu’il te reste à apprendre. Le temps qui t’est laissé, veux-tu le consacrer à me connaître ?
Connaissance du Christ : « La vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et Jésus-Christ que tu as envoyé ». Ce n’est pas assez de dire que cette connaissance a lieu dans la vie éternelle. Elle est la vie éternelle. En cela la vie éternelle consiste. Par suite, la vie éternelle commence ici-bas. Cette connaissance est la soudure entre le temps et l’éternité. Le seul vrai Dieu et Jésus-Christ qu’il a envoyé : ce ne sont pas deux objets de connaissance. Car c’est en Jésus seulement que nous connaissons le Père de Jésus et l’Esprit de Jésus. « Celui qui m’a vu a vu le Père ».
A SUIVRE.......