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Publié le par Père Jean-Pierre


Le pape voit dans « l’esprit d’Assise » le moyen de lutter contre la violence

NAPLES

De notre envoyée spéciale

L
’Église catholique a l’intention de pour­suivre le dialogue avec les autres religions.
Hier, de manière solennelle, devant plus de cinquante res­ponsables d’autres religions et confessions chrétiennes, Benoît XVI a confirmé qu’il reprend à son compte cette orientation forte de son prédécesseur. Un an après le discours de Ratisbonne et les incompréhensions auquel il a donné lieu dans le monde musulman, après aussi les hésitations sur le devenir du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux – placé quelques mois sous la responsabilité du Conseil pour la culture, avant de retrouver une existence pleine et entière dans l’organisation de son «gouvernement» – le pape a donc voulu lever les derniers doutes. Il l’a fait en recevant, hier midi, les responsables religieux invités à la rencontre des religions pour la paix, organisée, comme chaque année, par la communauté de Sant’Egidio.
Dès la célébration eucharistique, le matin, une importante délégation œcuménique était présente, puis­que se tenaient, au côté de l’autel, réunis ensemble avec Benoît XVI,
Bartholomeos I
er
, patriarche œcu­ménique de Constantinople, et le Dr Rowan Williams, chef de l’Église anglicane. C’est la première fois que l’on a pu voir ensuite, dans la grande salle du séminaire de Na­ples, Benoît XVI entouré d’autant de représentants de différentes religions. Devant des autorités comme le docteur Ezzeddine Ibrahim, conseiller du président des Émirats Arabes Unis – et l’un des 138 auteurs musulmans d’une lettre au pape appelant au dialogue –, l’Iranien responsable du Centre Khomeyni, Mousavi Bojnourdi, comme encore le grand rabbin d’Israël Yona Metzger, le pape a donc explicitement repris à son compte l’héritage interreligieux de Jean-Paul II : celui de la prière pour la paix à Assise de 1986, et de 2002, après « les dramatiques événements du 11 septembre 2001 » .
À tous ces interlocuteurs, il a affirmé que l’Église catholique regardait
« avec un sincère respect et une attention cordiale les différents mondes et patrimoine de l’humanité ». « Voilà qui montre bien que, pour ce pape, le dialogue avec les autres re­ligions n’est pas un dialogue dimi­nué » , analyse le professeur Andrea Riccardi, fondateur de Sant’Egidio. Pour cet historien, le fait que cette visite pastorale à Naples ait lieu en même temps que la rencontre in­terreligieuse, n’est pas un hasard:

«C’est une coïncidence voulue, et, je dirais, voulue également par lui personnellement. »

Dans son discours, le pape a en effet défini ce qu’il appelle
«l’authen­tique esprit d’Assise» . Authentique, c’est-à-dire sans confusion entre les différentes religions (que le pape théologien redoute particulièrement). Mais cette fois, Benoît XVI, qui avait ex­plicitement souligné en 2006 les risques de syncrétisme et de relativisme du dialogue in­terreligieux, n’a pas renouvelé ces mises en garde.
Hier, il a en quelque sorte adhéré sans restriction à l’ « esprit d’Assise » , dans lequel il voit le moyen de « s’opposer à toute forme de violence »,

ainsi qu’
« aux abus de la reli­gion utilisée comme prétexte à la violence » .
Benoît XVI, hier, n’a donc pas appelé à un approfondis­sement du dialogue dans un sens théologique. Il n’a tracé aucune perspective pour le futur, ni annoncé d’initiative en ce sens. Simplement, il a con­firmé l’importance de ce dialogue dans la lutte pour la paix.
« Il est important de répéter que jamais les religions ne doivent devenir véhicule de haine, a-t-il martelé. Jamais en invoquant le nom de Dieu, on ne doit arriver à justifier le mal et la violence. »

ISABELLE DE GAULMYN

SUR

Retrouvez les déclarations du pape à Naples.

« Jamais en invoquant le nom de Dieu, on ne doit arriver à justifier le mal et la violence. »




CIRO FUSCO/POOL/AFP

Le pape Benoît XVI, à Naples, entouré de tous les responsables religieux
invités à la rencontre des religions pour la paix organisée par la communauté de Sant’Egidio, a rappelé l’attachement de l’Église catholique au dialogue interreligieux.

Progrès dans le dialogue avec les catholiques romains selon le Patriarcat œcuménique

Les résultats des dernières discussions dans le cadre de la commission internationale mixte pour le dialogue théologique entre les églises catholique romaine et orthodoxe, qui se sont déroulées à Ravenne en Italie étaient sans conteste positifs, selon le Patriarcat œcuménique de Constantinople. Le métropolite Jean de Pergame, un des deux coprésidents avec le cardinal Walter Kasper, exprima une opinion similaire, lors d’un entretien avec Asianews ; il confirme ainsi l’appréciation positive déjà exprimée par le Saint siège.

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Communiqué du diocèse de Chersonèse au sujet de la dernière déclaration de l'AEOF

Mgr Innocent, archevêque représentant de l’Eglise orthodoxe russe, a fait savoir, dans un communiqué publié sur le site officiel du diocèse de Chersonèse du Patrarcat de Moscou, qu’il ne s’est pas associé à la dernière déclaration de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF) du 21 octobre 2007 au sujet de la nouvelle loi sur l'immigration de la République Française.

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