La visite d’Alexis II en France a été « un succès »

Publié le par Père Jean-Pierre


Soulignant l’amélioration des relations entre catholiques et orthodoxes russes, ce voyage a renforcé le patriarcat de Moscou sur la scène internationale

«
Ce voyage a été un suc­cès!»
Hier, devant la presse, le métropolite Kirill de Smolensk et Kaliningrad, chef du département des relations extérieures du pa­triarcat de Moscou, pouvait être content du bilan du voyage en France d’Alexis II, patriarche de toutes les Russies (lire La Croix du 2 et du 3 octobre). Que ce soit « l’at­mosphère chaleureuse » du déjeuner avec les représentants de l’épiscopat catholique, «l’impression très favo­rable» de la rencontre avec Nicolas Sarkozy ou « la rencontre émouvante avec la France chrétienne » , mercredi soir à Notre-Dame de Paris, chaque étape de cette visite de trois jours, qui s’est achevée hier matin par une prière au cimetière russe de Sainte­Geneviève-des-Bois (Essonne), est donc considérée comme une réussite.
«Il faut bien comprendre l’impor­tance de cette visite pour les Russes,

explique le théologien orthodoxe français Jean-François Colosimo.

Pour eux, depuis la guerre de Crimée, la France est la seule vraie puissance catholique. Et les seuls théologiens ca­tholiques qu’ils lisent sont français: Daniélou, Congar, Lubac…»
C’est dire si, aux yeux de l’orthodoxie russe, ce premier voyage d’un pa­triarche de Moscou en Occident à l’invitation de l’Église catholique locale avait valeur de test.
De ce point de vue, l’hypothèse d’une rencontre entre Alexis II et Benoît XVI s’est un peu plus con­crétisée ces jours-ci, même si le métropolite Kirill a convenu qu’il existait encore des
« obstacles » . « Il y a encore des questions non résolues en Ukraine et nous devons éclaircir ce que signifie la “mission” d’une Église sur le territoire d’une autre Église» , a-t-il expliqué, sans fermer la porte à la suggestion du cardinal Ricard : faire de cette rencontre entre le pape et le patriarche «le point de départ commun d’une longue marche à parcourir ensemble au service de Dieu et au service de tous les hommes »
, et non forcément l’aboutissement d’un processus.
Surtout, ce voyage, où Alexis II a voulu bénéficier du même traitement que le patriarche Bartholomeos I

er

de Constantinople l’an dernier,
aura aussi été pour le patriarcat de Moscou une occasion de s’affirmer un peu plus sur la scène internatio­nale et interorthodoxe. Comme le soulignait hier le métropolite Ki­rill : « On ne peut pas changer l’ordre d’importance que la Tradition donne à chaque Église (Constantinople dis­posant dans ce cadre d’une primauté spirituelle au sein de l’orthodoxie mondiale, NDLR), mais il faut rappe­ler aussi que chaque Église a la même autorité et le même pouvoir. »
NICOLAS SENÈZE

SUR

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« Nous devons éclaircir ce que signifie la “mission” d’une Église sur le territoire d’une autre Église. »




Alexis II avec Mgr André Vingt-Trois, mercredi, à la cathédrale Notre-Dame de Paris . Aux yeux des ortho­doxes, ce premier déplacement en Occident du patriarche de Moscou avait vraiment valeur de test.

CORINNE SIMON/CIRIC

 

 
 
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