ALEXIS II vante les valeurs communes aux catholiques et aux orthodoxes

Publié le par Père Jean-Pierre


En visite en France, le patriarche de Moscou a souligné hier la convergence de vues en matière éthique entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe russe

O
fficiellement, le patriarche Alexis II de Moscou est venu en France vénérer les reliques de la Passion conservées à Notre-Dame de Paris. La célébration qui a eu lieu hier soir dans la cathédrale parisienne devait être symbolique de la volonté d’unité des Églises catholique et orthodoxe d’avancer encore plus sur le chemin de l’unité.
« Que le pèlerinage de Votre Sainteté soit un signe vivant des liens de foi qui unissent déjà notre Église catholique romaine et les Églises de l’Orthodoxie, qu’il soit aussi un signe prophétique de l’unité entre les chré­tiens à laquelle nous aspirons», de­vait déclarer Mgr André Vingt-Trois, archevêque de Paris, en accueillant le patriarche de Moscou.
Plus encore qu’un message spiri­tuel, c’est un appel à un véritable témoignage commun des catho­liques et des orthodoxes que le primat de l’Église orthodoxe russe n’a cessé de lancer tout au long de la journée d’hier.
«Le sens de cette visite est de faire un pas de plus dans le développement de la collabora­tion si nécessaire entre orthodoxes et catholiques dans le domaine de la protection et de l’affirmation des valeurs chrétiennes traditionnelles »,

a-t-il déclaré devant les journalistes de l’Association des journalistes d’in­formation religieuse.
Le dialogue sur les valeurs est une façon de redynamiser les contacts œcuméniques : c’est, en substance, le message que le patriarche Alexis II de Moscou a tenu à délivrer au cours d’un séjour parisien qui, à travers les rencontres avec le président Nicolas Sarkozy et le ministre de l’intérieur Michèle Alliot-Marie, avait le carac­tère d’une visite très officielle.
« Les nouveaux défis qui se posent aux chrétiens nous incitent encore et en­core à souligner la nécessité d’unir les efforts de tous les chrétiens attachés à la tradition pour affirmer les valeurs de l’Évangile », a-t-il déclaré lors d’un déjeuner avec les représentants de la Conférence épiscopale catholique. Le patriarche s’est félicité de voir que « nos positions sont identiques sur de nombreux points: avorte­ment, euthanasie, unions du même sexe et autres phénomènes que l’on cherche à nous imposer, et qui sont inacceptables pour nos deux Églises » . Un discours dans la droite ligne de ce qu’il avait déclaré la veille au Conseil de l’Europe à Strasbourg

(lire
La Croix d’hier) .
«Ce discours est difficile à compren­dre en Occident,
explique Joseph Yacoub, professeur de sciences po­litiques à l’Université catholique de Lyon. Mais le patriarche de Moscou a le mérite de poser clairement la question d’une clarification anthro­pologique des droits de l’homme: existe-t-il une loi morale au-dessus des droits de l’homme?» Sur ce point, la réflexion catholique sur le concept de loi naturelle rejoint tout à fait les préoccupations de l’orthodoxie russe. «Cette respon­ sabilité du témoignage nous conduit tout naturellement à être au clair sur le sens de l’homme qui nous habite, sur les valeurs fondatrices que nous souhaitons promouvoir dans l’édifi­cation de nos sociétés et tout particu­lièrement dans cette grande maison de l’Europe», convenait, devant le patriarche, le cardinal Jean-Pierre Ricard, archevêque de Bordeaux et président de la Conférence des évêques de France.
À cet égard, le président de l’épisco­pat a déclaré espérer une rencontre entre Alexis II et Benoît XVI, esti­mant qu’elle pourrait être
« non pas forcément le point d’aboutissement d’un long processus de clarification préalable (…), mais le point de dé­part commun d’une longue marche à parcourir ensemble au service de Dieu et au service tous les hommes, aimés de Dieu » . « Je n’ai jamais exclu la possibilité d’une telle rencontre, a répondu le patriarche de Moscou devant les journalistes. Il existe des difficultés, mais je suis sûr que cette visite peut commencer à aider à les résoudre. »

Si le voyage d’Alexis II est une étape marquante dans le rapprochement entre l’Église orthodoxe russe et l’Église catholique, 
de l’AEOF.

NICOLAS SENÈZE

SUR

Retrouvez en vidéo l’intervention du patriarche Alexis II de Moscou.




CORINNE MERCIER/CIRIC

Le cardinal Ricard accueillant hier Alexis II.
Pour le président de la Conférence des évêques de France, une possible rencontre du pape avec le patriarche orthodoxe de Moscou pourrait être vue comme « point de départ » et non « point d’aboutissement » d’une « longue marche » restant encore à parcourir.
Ce volet ne doit toutefois pas éclipser l’aspect intra-orthodoxe de cette visite en France.
ce volet ne doit toutefois pas éclipser l’aspect intra-orthodoxe de cette visite en France. Le patriarcat de Moscou, farouchement opposé à la présence de structures catholiques sur ce qu’il estime être son territoire canonique, s’oppose de la même manière au développement d’une orthodoxie lo­cale en Europe occidentale,réputée territoire de l’Église catholique. « Le devoir principal de notre diocèse est le
soin à apporter à nos propres fidèles»,
(comme ce n'est pas demain la veille.....)
a-t-il précisé aux journalistes.
Hier matin, recevant à huis clos l’ensemble des évêques orthodoxes de France, le patriarche avait aussi souligné, selon un témoin, que, s’il n’était pas hostile par prin­cipe à l’Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF), il ne concevait celle-ci que comme un organe de coordination et de consultation entre évêques et non comme embryon d’une Église ortho­doxe locale.
« Mais la rencontre a eu lieu, dans un excellent climat, et nous avons pu expliquer au patriarche le sens de notre action », s’est félicité le métropolite Emmanuel de France, du patriarcat de Constantinople, président(Ah ! bon !quand meme....)
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