Dans La Croix

Publié le par Père Jean-Pierre


Le métropolite Daniel de Moldavie a été désigné mercredi pour succéder au patriarche Teoctist, mort à la fin du mois de juillet

C
ette fois encore, la tra­dition a été respectée: le poste de métropolite à Iasi serait une marche vers le patriarcat de Roumanie. C’est en effet le métropolite Da­niel de Moldavie et Bucovine qui a été élu mercredi soir sixième patriarche de l’Église orthodoxe roumaine par une assemblée composée de clercs et de laïcs. Au deuxième tour, le nouveau patriarche de Bucarest, âgé de 56 ans, a obtenu 95 voix contre 66 au métropolite Bartolomeu de Cluj.
Cette première élection depuis la fin de l’ère communiste marque surtout la volonté de tourner la page, les trois candidats sélection­nés par le saint synode ayant tous été ordonnés évêques après la chute de Ceausescu, en 1989. Et en choi­sissant le polyglotte et œcuméniste Daniel, c’est la ligne d’ouverture qui a été choisie.
Né en 1951 à Dobresti, près de Ti­misoara, Daniel Ciobotea entre en 1970 à la Faculté de théologie de Sibiu avant de rejoindre, en 1974, l’Institut théologique de Bucarest où il suit les cours du grand théo­logien roumain Dumitru Staniloae, qui lui conseille de partir étudier à l’étranger. Bénéficiant d’une bourse du gouvernement français, il rejoint
en 1976 la Faculté de théologie protestante de Strasbourg où, en 1979, et après un passage de deux ans à Fribourg-en-Brisgau (il y suit les cours du futur cardinal Karl Lehmann), il obtient un doctorat sur les rapports entre théologie et spiritualité. Il enseigne ensuite à l’Institut œcuménique de Bossey, près de Genève.
En 1987, Daniel Ciobotea prononce ses vœux monastiques au grand monastère roumain de Sihastria et enseigne à l’Institut de théologie orthodoxe de Bucarest. La chute du communisme lance alors sa «car­rière » ecclésiastique : évêque-vicaire de Timisoara en mars 1990, il est élu trois mois plus tard métropolite de Moldavie, l’un des diocèses les plus importants de ce pays à 85 % ortho­doxe. Devenu à 39 ans «numéro 2» officieux de son Église, cet homme dynamique et charismatique déploie une importante activité pastorale, s’investissant particulièrement dans la presse : « Nous nous sommes inspirés de La Croix
confiait-il lors du rassemblement œcuménique de Sibiu la semaine dernière.
En même temps, le métropolite Daniel demeure très engagé dans le dialogue œcuménique, en tant que membre du comité central du Con­seil œcuménique des Églises (COE, 1991-1998), et de la Conférence des Églises européennes (KEK, depuis 1997), ce qui lui vaudra des critiques de l’aile traditionaliste de son Église. Avant l’élection, des affiches appe­laient à ne pas choisir cet évêque

«proche des catholiques et soutenu par les francs-maçons »
! En l’élisant, l’Église roumaine refuse donc le re­pli, choisissant résolument la voie de l’ouverture et du dialogue.
NICOLAS SENÈZE

Cette élection, la première depuis la chute de Ceausescu, marque une volonté de tourner la page de l’époque communiste.




Le choix de Daniel de Moldavie et Bucovine, polyglotte et œcuméniste, témoigne d’une volonté d’ouverture de la part de son Église.

CORINNE SIMON/ CIRIC
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Publié dans Vie de l'Eglise

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