L'exaltation de la croix

Publié le par Père Jean-Pierre

L'Élévation de la Croix - p. Alexander Schmemann

 

 
Le 14 septembre, dès siècles durant, lorsque la Fête de l'Élévation de la Croix était célébrée dans les cathédrales, l'évêque prenait sa place au centre de l'église et, entouré d'un grand nombre de ses clercs, élevait majestueusement la croix bien haut, au-dessus de la foule, et bénissait les fidèles aux 4 coins de l'église, pendant que le choeur laissait éclater sa réponse, comme un tonnerre : "Seigneur, prend pitié"! [Kyrie eleison!] C'était la célébration de l'empire Chrétien, un empire né sous le signe de la Croix en ce jour où l'empereur Constantin-le-Grand eu la vision de la Croix haut dans le ciel et entendit les paroles "Par ce signe tu vaincras!" ["In hoc signo vinces!"]. C'est la fête du triomphe du Christianisme sur les royaumes, cultures et civilisations, la fête de ce monde Chrétien qui est en ruine à présent, continuant à s'effondrer sous nos propres yeux.
Oui, cet ancien et solennel rite sera à nouveau célébré cette année. Le choeur chantera encore avec joie que "la Croix est la puissance des rois, la Croix est la beauté de l'univers." Mais aujourd'hui, la tumultueuse grande ville entourant l'église ne participe pas à ce triomphe caché, et en est complètement déconnectée. Ses millions d'habitants mèneront leur vie habituelle, avec ses hauts et ses bas, ses intérêts, ses joies et ses peines, sans la moindre référence à quoique ce soit de ce qui sera en train de se dérouler dans le bâtiment de l'église. Pourquoi donc alors continuons-nous à répéter les paroles parlant de triomphe universel, et chantons et rechantons sans cesse que la Croix est invincible? Hélas, nous devons admettre que beaucoup, beaucoup trop de Chrétiens sont incapables de répondre à cette question. Ils sont habitués à voir l'église en exil et en marge de la vie, exilée de la culture, de la vie, des écoles et de tout et de partout. Nombre de Chrétiens sont satisfaits et ne s'en font pas lorsque les autorités civiles leur permettent, avec condescendance, "d'observer leurs rites" pour autant qu'ils se tiennent calmes et obéissants, et qu'ils n'interfèrent en rien dans la construction d'un monde où il n'y aurait ni le Christ, ni la foi, ni la prière. Ces Chrétiens fatigués ont presqu'oublié que le Christ a dit, la nuit où Il s'en alla vers la Croix : "Vous aurez à souffrir dans le monde. Mais courage! J'ai vaincu le monde" (Jean 16,33).
A moi, il me semble que nous continuons de célébrer l'Élévation de la Croix et répéter les anciennes paroles de victoire non pas simplement pour commémorer une vieille bataille qui a été gagnée, ou pour nous rappeler un passé qui n'existe plus, mais afin de réfléchir plus profondément sur la signification du mot "victoire" pour la Foi Chrétienne. Il se pourrait bien que ce ne soit que maintenant, alors que nous sommes privés de tout pouvoir et gloire externe, de tout soutien de gouvernement, de richesse indicible, et de tous les symboles apparents de victoire, que nous sommes capables de comprendre que tout cela n'était, peut-être, pas l'authentique victoire. Certes oui, la croix élevée au-dessus des foules, en ces temps-là, était couverte d'or et d'argent et ornée de pierres précieuses. Cependant, ni l'or ni l'argent ni les pierres précieuses ne peuvent effacer la signification originelle de la Croix en tant qu'instrument d'humiliation, de torture et d'exécution, instrument sur lequel un homme fut cloué, un homme rejeté de tous, épuisé de douleur et de soif. Avons-nous le courage de nous demander à nous-mêmes : si tous ces royaumes Chrétiens et cultures Chrétiennes sont morts, si la victoire a été remplacée par la défaite, n'est-ce pas parce que nous, Chrétiens, étions devenus aveugles sur la signification ultime et véritable du plus important symbole du Christianisme? Nous avions décidé que l'or et l'argent seraient autorisés à éclipser cette signification. Et nous avons de même décidé que Dieu désire nos cultes du passé.

Honorer la Croix, l'élever, chanter la victoire du Christ : est-ce que cela ne signifie pas, par dessus tout, croire dans le Crucifié et croire que la Croix est un signe d'une renversante défaite? Car seulement parce qu'il s'agit d'une défaite, et dans la mesure où elle est acceptée comme défaite, la Croix devient victoire et triomphe. Non, le Christ n'est pas venu dans le monde pour remporter des victoires visibles, externes. Il S'est vu offrir un royaume, mais l'a refusé. Et au moment même où on Le trahissait et livrait à la mort, Il dit : "Crois-tu que Je ne puisse invoquer Mon Père, Qui M'enverrait à l'instant plus de 12 légions d'Anges?" (Matthieu 26,53)
Et pourtant, jamais le Christ n'a été plus roi que lorsqu'Il marcha vers le Golgotha, portant Sa propre croix sur Ses épaules pendant que la foule remplie de haine et de moqueries L'entourait. Sa royauté et puissance n'ont jamais été aussi évidentes que lorsque Pilate L'amena devant la foule, vêtu de pourpre, Le condamna à la mort d'un criminel, une couronne d'épines sur Sa tête, et que Pilate dit à la foule enragée : "Voici votre roi". Il n'y a que là que l'on puisse voir l'entièreté du mystère du Christianisme, car la victoire du Christianisme réside dans la joyeuse foi que c'est ici, à travers cet homme rejeté, crucifié et condamné, que l'amour de Dieu a commencé à illuminer le monde et qu'un Royaume s'est ouvert, que nul n'aura jamais le pouvoir de refermer. Chacun d'entre nous, cependant, doit accepter le Christ et Le recevoir de tout son coeur, de toute son âme et de toute son espérance. Sinon, les victoires extérieures sont toutes sans intérêt. Peut-être avions-nous besoin de cette défaite extérieure du monde Chrétien. Peut-être avions-nous besoin de la pauvreté et du rejet, pour purger notre foi de son orgueil terrestre et de sa confiance dans la puissance et victoire externe, afin de purifier notre vision de la Croix du Christ, élevée, exaltée et triomphante. "La Croix est la beauté de l'univers." Car quelles que soient les ténèbres dans lesquelles les peuples se trouvent, et aussi grand puisse être le triomphe externe du mal en ce monde, le coeur sait toujours et entend les paroles : "Courage, J'ai vaincu le monde."

[Extrait de, "Celebration of Faith" Sermons, Vol. 2, "The Church Year" par le Protopresbytre Alexander Schmemann, 1994]

en France :
http://www.amazon.fr/-Church-Year/







Le 14 septembre, nous fêtons l'universelle Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix1

Alors qu'il s'apprêtait à marcher sur Rome pour s'opposer à son rival, Maxence, qui possédait des forces bien supérieures, Constantin le Grand vit une nuit le signe de la vivifiante Croix lui apparaître sous forme lumineuse dans le ciel, entouré de l'inscription: «Par ce signe, tu vaincras». Il fit alors orner ses étendards du signe de la Croix et remporta une brillante victoire, qui lui permit de prendre le pouvoir sur tout le monde romain et d'assurer le triomphe du Christianisme.

La vingtième année de, son règne, Constantin envoya sa mère Hélène à Jérusalem pour y vénérer les Saints-Lieux, y retrouver l'emplacement du Saint Sépulcre et de la Croix, que des travaux d'agrandissement de la ville, effectués sous Hadrien, avaient cachés sous les décombres. Grâce aux renseignements transmis par la tradition orale, Sainte Hélène retrouva le précieux trophée avec les deux croix sur lesquelles avaient été suspendus les deux larrons et les trois clous qui avaient servi à attacher le corps vivifiant du Sauveur. Mais la reine se trouva embarrassée de ne pouvoir discerner quelle était la Croix du Christ. La guérison d'une femme mourante à l'approche du Saint bois permit au Patriarche de Jérusalem, Macaire, de la reconnaître, car les deux autres croix n'opérèrent aucun miracle. La reine et toute sa cour vénérèrent alors et embrassèrent pieusement la Sainte Croix. Le peuple, qui était rassemblé nombreux sur les lieux, désirait lui aussi bénéficier de cette grâce, ou au moins voir de loin l'instrument de notre rédemption, tant son amour pour le Christ était ardent. Le Patriarche monta alors sur l'ambon et, prenant la Croix à deux mains, il l'éleva bien haut à la vue de tous, pendant que la foule s'écriait: «Kyrie eleison». C'est depuis ce jour que les saints Pères instituèrent de commémorer chaque année l'Exaltation de la Précieuse Croix dans toutes les Eglises, non seulement en commémoration de cet événement, mais aussi pour manifester que cet instrument de honte est devenu notre fierté et notre joie. En rappelant le geste du Patriarche et élevant la Croix dans les quatre directions de l'espace au chant du Kyrie eleison, les Chrétiens montrent aujourd'hui qu'en montant sur la Croix le Christ a voulu réconcilier en Lui toutes choses, unir toutes les extrémités de la création, la hauteur et la profondeur, dans son corps, afin de nous permettre d'avoir accès auprès du Père.

1. Jour de jeûne, même si la fête tombe un dimanche. On fait dans ce cas seulement dispense de vin et d'huile.

Vendredi 14 septembre 2007 : Exaltation de la vénérable Croix

Jour de jeûne rigoureux

Epître : 1 Co 1, 18-24 ; Evangile : Jn 19, 6-11, 13-20, 25-28, 30-35

Textes liturgiques

Quand Tu étais élevé en croix, Maître, Tu as relevé toute la nature tombée par Adam. Salut, précieuse Croix, guide des aveugles, médecin des malades, résurrection de tous les morts, qui nous as tous relevés lorsque nous étions tombés dans la pourriture. C'est par toi qu'il a été mis fin à la corruption et qu'a fleuri l'immortalité ; par toi que, mortels, nous avons été divinisés, et le diable complètement terrassé.

Dans le paradis autrefois, le bois m'avait dépouillé, puisque c'est en donnant à goûter son fruit que l'ennemi introduisit la mort ; le bois de la Croix qui apportait aux hommes le vêtement de vie fut enfoncé en terre et le monde entier fut rempli d'une joie sans bornes En la voyant élevée, peuples, adressons nous d'une seule voix à Dieu avec foi : Pleine de gloire est ta maison.

La prière des Eglises de rite byzantin

Le Synaxaire

Le 14 de ce mois, nous fêtons l'universelle Exaltation de la précieuse et vivifiante Croix.
Alors qu'il s'apprêtait à marcher sur Rome pour s'opposer à son rival, Maxence, qui avait des forces bien supérieures, Constantin le Grand vit une nuit le signe de la vivifiante Croix lui apparaître sous forme lumineuse dans le ciel, entouré de l'inscription: " Par ce signe, tu vaincras". Il fit alors orner ses étendards du signe de la Croix et remporta une brillante victoire, qui lui permit de prendre le pouvoir sur tout le monde romain et d'assurer le triomphe du Christianisme. La vingtième année de son règne, Constantin envoya sa mère Hélène à Jérusalem pour y vénérer les Saints-Lieux, y retrouver l'emplacement du Saint Sépulcre et de la Croix, que des travaux d'agrandissement de la ville, effectués sous Hadrien, avaient cachés sous les décombres. Grâce aux renseignements transmis par la tradition orale, Sainte Hélène retrouva le précieux trophée avec les deux croix sur lesquelles avaient été suspendus les deux larrons et les trois clous qui avaient servi à attacher le corps vivifiant du Sauveur. Mais la reine se trouva embarrassée de ne pouvoir discerner quelle était la Croix du Christ. La guérison d'une femme mourante à l'approche du saint bois permit au patriarche de Jérusalem, Macaire, de la reconnaître, car les deux autres croix n'opérèrent aucun miracle. La reine et toute sa cour vénérèrent alors et embrassèrent pieusement la Sainte Croix. Le peuple, qui était rassemblé nombreux sur les lieux, désirait lui aussi bénéficier de cette grâce, ou au moins voir de loin l'instrument de notre rédemption, tant son amour pour le Christ était ardent. Le patriarche monta alors sur l'ambon et, prenant la Croix à deux mains, il l'éleva bien haut à la vue de tous, pendant que la foule s'écriait: " Kyrie eleison ".

C'est depuis ce jour que les saints Pères instituèrent de commémorer chaque année l'Exaltation de la Précieuse Croix dans toutes les églises, non seulement en commémoration de cet événement, mais aussi pour manifester que cet instrument de honte est devenu notre fierté et notre joie. En rappelant le geste du patriarche et élevant la Croix dans les quatre directions de l'espace au chant du Kyrie eleison, les chrétiens montrent aujourd'hui qu'en montant sur la Croix le Christ a voulu réconcilier en Lui toutes choses, unir toutes les extrémités de la création, la hauteur et la profondeur, dans son corps, afin de nous permettre d'avoir accès auprès du Père.

 

 

Paroles à méditer

Où pourrait-on trouver un père qui accepterait de mourir sur une croix pour les crimes de ses enfants ? Habituellement, un père est attristé et plaint son fils qui doit être châtié à cause de ses crimes ; mais, bien qu'il ait pitié de son fils, il lui dira tout de même: " Tu n'as pas bien agi ; il est juste que tu sois puni pour tes mauvaises actions. "
Le Seigneur, Lui, ne nous dira jamais cela. A nous aussi, comme à l'apôtre Pierre, Il dira : " M'aimes-tu ? " De même, au Paradis, Il demandera à tout le monde: "M'aimez-vous ?" Et tous répondront : "Oui, Seigneur, nous T'aimons. Tu nous as sauvés par tes souffrances sur la Croix, et maintenant Tu nous as donné le Royaume des Cieux."

Starets SILOUANE

 

 


"Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu'il me suive. Qui veut en effet sauver sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi et de l'Evangile la sauvera." Ici se trouve la conclusion pratique de la fête. Ce n'est pas seulement à quelques disciples choisis que Jésus adresse ces paroles, mais à nous tous : " Appelant la foule, en même temps que ses disciples, il leur dit... " Notre Seigneur établit une gradation instructive, si nous savons la méditer, entre ces trois actes : renoncer à soi-même, prendre sa croix, suivre le Christ. Chacun doit prendre sa croix ; non point une croix qu'il aurait arbitrairement choisie, mais la croix, c'est-à-dire la part de souffrance et d'épreuve, que Dieu lui a assignée d'une manière spéciale et qui est l'un des aspects de la croix de Jésus lui même. Dans la fête de l'exaltation de la croix, exaltons et intronisons dans notre cœur la croix de Jésus, en appliquant à la Passion de Notre Seigneur et même à nos pauvres efforts (qui sont notre participation à la Passion) cette parole par laquelle le mystère de la Croix reçoit son interprétation la plus haute et la plus complète : " Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie... "
Un moine de L'EGLISE D'ORIENT
L'An de grâce du Seigneur

 

 

 

 


14 septembre - La Croix glorieuse

220 Évangile

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean ()

Nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme. De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle.

Homélie

au choix Le symbole du serpent de bronze

Homélie de
saint Bède le Vénérable (+ 735)

Homélie, livre II, 18, CCL 122, 315-317

De même que le serpent fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais obtienne la vie éternelle (Jn 3,14). Avec sa science admirable de la divine doctrine, le Seigneur fait découvrir au docteur de la loi mosaïque le sens spirituel de cette même loi. Évoquant une ancienne histoire, il montre avec exactitude qu'elle annonçait symboliquement sa passion et notre salut.

Le livre des Nombres raconte, en effet, que les Israélites, accablés par la longue et pénible marche au désert, murmurèrent contre le Seigneur et contre Moïse. Aussi le Seigneur envoya-t-il contre eux des serpents brûlants. Couverts de blessures - et beaucoup en mouraient - ils crièrent vers Moïse et celui-ci pria pour eux. Alors, le Seigneur lui ordonna de fabriquer un serpent de bronze et de l'exposer pour qu'il serve de signe. Il ajouta: Ceux que les serpents ont mordus le regarderont et ils auront la vie (Nb 21,8). Et cela se passa comme il l'avait dit.

Ainsi, les blessures provoquées par les serpents brûlants sont les poisons et les brûlures des vices qui, en frappant l'âme, causent sa mo rt spirituelle. Il convenait aussi que ceux qui murmuraient contre le Seigneur soient abattus par les morsures des serpents, pour que le châtiment extérieur leur fasse reconnaître tous les dégâts spirituels causés par leurs murmures.

Quant au serpent de bronze élevé pour guérir les morsures de ceux qui le regardaient, il représente notre Rédempteur dans sa passion sur la croix, car seule la foi en lui remporte la victoire sur le Règne du péché et de la mort. Et vraiment, les péchés qui mènent l'âme et le corps à leur perte sont représentés à juste titre par des serpents qui sont, en effet, habiles à donner la mort par leur morsure brûlante et venimeuse. En outre, un serpent persuada nos premiers parents encore immortels de commettre le péché qui les a assujettis à la mort.

Le Seigneur venu avec une chair semblable à celle du péché (Rm 8,3) est figuré avec raison par un serpent de bronze. Car, tout en possédant une forme semblable aux serpents brûlants, le serpent de bronze ne contenait dans ses membres absolument aucun poison brûlant et nuisible; bien plus, après qu'on l'eut élevé, il guérissait les hommes mordus par les serpents. Et de la même façon, en vérité, le Rédempteur des hommes a revêtu, non la chair du péché, mais une chair semblable à celle du péché, et il a souffert en elle la mort de la croix afin de libérer ceux qui croient en lui, de tout péché et aussi de la mort même.

C'est pourquoi il dit: De même que le serpent fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé. Aussi bien, ceux qui regardaient le serpent de bronze élevé pour servir de signe, étaient-ils protégés pour un temps de la mort temporelle et guéris de la blessure infligée par la morsure des serpents. Et, de la même façon, ceux qui regardent le mystère de la passion du Seigneur en mettant en lui leur foi, en le confessant et en l'imitant sincèrement, sont-ils sauvés pour toujours de toute espèce de mort, corporelle aussi bien que spirituelle, encourue pour leurs péchés.

Voilà pourquoi il ajoute avec raison: afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas mais obtienne la vie éternelle. Du moins le sens de cette parole est-il clair: celui qui croit dans le Christ échappe non seulement aux châtiments de l'enfer, mais il reçoit encore la vie éternelle. La différence entre la figure et la réalité réside dans le fait que celle-là prolongeait la vie temporelle tandis que celle-ci fait don de la vie qui durera toujours.

Quant à nous, nous devons faire en sorte que les bonnes pensées conçues par notre esprit se traduisent en actes méritoires, de sorte que nous pourrons, en confessant la vraie foi et en menant une existence pleine de piété et de sagesse, mériter de parvenir à la plénitude de vie qui nous est promise.

ou bien

La gloire de la croix

Homélie de saint André de Crète (+ 740)

Discours 11 sur l'exaltation de la croix vénérable, PG 97, 1036-1045.

La croix est dressée sur la terre. Naguère cachée à cause de la malveillance, elle s'offre aux regards. La croix est élevée non pour qu'on lui confère la gloire, car elle ne peut acquérir aucun accroissement de gloire, dès lors qu'elle porte le Christ crucifié. Mais Dieu, adoré sur la croix et proclamé par elle, est ainsi glorifié. <>

Il est donc juste que, trouvant sa joie dans la croix du Seigneur, l'Église revête son habit de fête et qu'elle apparaisse dans toute sa beauté nuptiale pour honorer ce jour. Il est juste que cette grande foule soit aujourd'hui rassemblée afin de voir la croix exposée et d'adorer le Christ qu'elle contemple élevé en croix. Car celle-ci est offerte aux regards pour être exaltée et elle est dressée pour être révélée.

Quelle est donc cette croix? Celle qui, naguère cachée au Calvaire, est maintenant adorée en tous lieux. Elle est aujourd'hui la cause de notre joie, et nous la célébrons. C'est là l'essentiel de la fête de ce jour. C'est là que le mystère est révélé. <> Car ce bois qui donne la vie était caché, et il fallait, oui, il fallait qu'on le voie élevé dans les airs et qu'il soit montré à l'univers comme une ville située sur une montagne, ou une lampe élevée sur un lampadaire (Mt 5,14-15). <>

Quand nous l'adorons sur la croix, apprenons combien grande est la puissance du Christ, et combien nombreuses les merveilles qu'il a opérées par elle en notre faveur. Ce qui est conforme à la parole du saint roi David: Notre Dieu, roi éternel, a accompli le salut sur la face de la terre (Ps 73,12). <>

Par la croix, en effet, les nations ont été prises comme dans un filet et les semences de la foi ont été semées partout. Avec la croix, les disciples du Christ ont labouré la nature humaine inféconde, comme avec une charrue. Ils ont fait apparaître les champs toujours verts de l'Église, ils ont récolté une abondante moisson de croyants en Jésus Christ. Par la croix, les martyrs ont été fortifiés et, en succombant, ils ont abattu ceux qui les frappaient.

Par la croix, le Christ a été reconnu et l'Église des croyants, tenant toujours ouvertes les Écritures, nous présente le même Christ, le Fils de Dieu, Dieu en soi, le Seigneur même, qui proclame d'une voix éclatante: Celui qui veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix, et qu'il me suive (Lc 9,23).

Prière

Tu as voulu, Seigneur, que tous les hommes soient sauvés par la croix de ton Fils; permets qu'ayant connu dès ici-bas ce mystère, nous goûtions au ciel les bienfaits de la rédemption. Par Jésus Christ.Jn 3,13-17

 
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Publié dans Catéchèse

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