Dans la Croix..

Publié le par Père Jean-Pierre


Olga Lossky retrace avec tendresse et délicatesse la vie de la grande théologienne orthodoxe

VERS LE JOUR SANS DÉCLIN par Olga Lossky

Cerf, 454 p., 25 €

E
n novembre 2004, un an avant sa mort, Élisabeth Behr-Sigel commence à confier ses souve­nirs à Olga Lossky. Une dernière fois, la grande théologienne orthodoxe accepte de jouer ce rôle de passeur entre les générations, elle qui a connu toute l’histoire de cette ortho­doxie française rencontrée un soir de Pâques 1928. Olga Lossky retrace le parcours de la petite Strasbour­geoise luthérienne, née allemande d’une mère juive autrichienne : son éveil spirituel au sein de la jeunesse protestante, ses études de philoso­phie aux côtés du jeune Emmanuel Levinas, sa découverte de la pensée russe et de l’orthodoxie, jusqu’à la théologienne reconnue de la place
de la femme dans l’Église… «Au fond, ma vie est assez peu intéressante. J’ai seulement eu la chance de rencontrer des personnes extraordinaires», confiait Élisabeth Behr-Sigel. Avec Olivier Clément ou le métropolite Antoine Bloom, deux amis avec lesquels « Liselotte » tien­dra une place à part dans la cons­truction d’une orthodoxie locale en Occident, elle sera pourtant la digne héritière de ce bouillonnement in­tellectuel des années 1930 autour de figures aussi importantes que Nicolas Berdiaev, Vladimir Lossky, Serge Boulgakov, Paul Evdokimov, les frères Kovalevsky, ou Mère Marie Skobtsov… Mais au-delà du parcours intellectuel de celle qui est devenue la théologienne re­connue de la place de la femme au sein de l’Église orthodoxe – dans une optique féminine plutôt que féministe –, Olga Lossky, arrière-petite-fille de Vladimir Lossky, brosse avec tendresse la vie privée de la théologienne. Outre ses ren­contres hebdomadaires avec Élisabeth Behr-Sigel, elle a bénéficié des papiers person­nels de la théologienne. Au fil de ses lettres et de ses carnets, c’est le chemin intérieur de la théologienne qui se dessine derrière les angoisses de la mère de famille occupée à nourrir sa famille sous l’Occupation ou inquiète de la santé fragile de son mari.
On découvre ainsi l’amitié pro­fonde qui unissait Élisabeth Behr­Sigel au P. Lev Gillet, auteur spirituel prolifique, plus connu comme
«un moine de l’Église d’Orient » . Écrit avec beaucoup de délicatesse, le récit de

cet amour assumé, tourmenté,
« vécu non selon le mode sentimental mais dans la perspective du Royaume de Dieu», donne à cette biographie une profondeur rare qui éclaire d’un jour nouveau le parcours hors du commun de cette grande dame de l’orthodoxie que fut Élisabeth Behr-Sigel.
NICOLAS SENÈZE

« Au fond, ma vie est assez peu intéressante. J’ai seulement eu la chance de rencontrer des personnes extraordinaires », confiait-elle avec modestie.




Élisabeth Behr-Sigel avait contribué à bâtir une orthodoxie locale en Occident.

 

Alexis II salue la libéralisation de la messe tridentine
Dans un entretien au quotidien italien
Il Giornale,

le patriarche Alexis II de Moscou a salué la li­béralisation de l’usage de la messe tridentine.

« La valorisation de l’ancienne tradition liturgique est un fait que nous saluons positivement »,
a déclaré le pri­mat de l’Église orthodoxe russe. Soulignant la volonté du pape d’aplanir les difficultés du dialogue avec les orthodo­xes, il a une nouvelle fois regretté qu’ « aujourd’hui encore, quelques évêques et missionnaires catholiques considèrent la Russie comme une terre de mission » .




 
 
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