Dans La Croix....

Publié le par Père Jean-Pierre


Pendant une semaine, quinze jeunes chrétiens ont participé à une session œcuménique à la maison diocésaine de Nîmes

NÎMES (Gard)

De notre envoyée spéciale

I
«noculer le virus.» Pour le pasteur Gill Daudé, res­ponsable du service œcu­ménique de la Fédération protestante de France, la session réunissant sept jeunes catholiques, quatre protestants et quatre ortho­doxes, la semaine dernière à Nîmes, n’a pas vocation à créer un nouveau réseau œcuménique. «Après, c’est aux jeunes de se débrouiller. Ils auront vécu une expérience forte, c’est à eux de la faire fructifier, cha­cun à son niveau », insiste le pasteur en souriant. Il y a six ans, Gill Daudé, avec les deux autres cosecrétaires du Conseil d’Églises chrétiennes en France (Cecef), lance l’idée d’une session œcuménique de jeunes. « La première génération après Vatican II commençait à vieillir, explique-t-il. Nous avons voulu sensibiliser des jeunes qui seront ensuite appelés à prendre des responsabilités dans leurs Églises. » Cette année, ils sont quinze, venus de toute la France, mais aussi du Bré­sil, de Pologne et d’Ukraine, réunis pour une semaine dans la maison diocésaine de Nîmes (Gard). En­voyés par leur paroisse, leur Église ou venus sur les conseils d’amis, ces jeunes chrétiens veulent découvrir les autres confessions. Chaque journée de la semaine est consa­
crée à l’une d’entre elles: présenta­tions théoriques le matin, visites de lieux de culte et rencontres avec des croyants et des religieux l’après-midi. Avec eux, des religieux catholiques, les PP. Michel Mallèvre et Richard Es­cudier, orthodoxe, le P. Job Getcha, et protestants, les pasteurs Gill Daudé et Regina Muller.
« Pourriez-vous préciser ce qu’est la tendance libérale au sein des angli­cans ? » Le révérend Stefen Coffin, venu de Grenoble pour présenter l’anglicanisme, doit répondre à une multitude de questions. «C’est un bon groupe, précise-t-il. Beaucoup d’entre eux étudient la théologie.»

Raphaël Laurand, Strasbourgeois de 28 ans, est l’un de ces étudiants. À la faculté de théologie protestante de Strasbourg, il a eu l’occasion de rencontrer des catholiques.
«En plus, je suis le seul protestant dans ma famille, ils sont tous catholiques,

explique le jeune homme.
J’ai été très heureux lorsque mon Église m’a invité à venir à Nîmes. »

Pour tous ces jeunes, le dialogue œcuménique ne s’est pas limité aux conférences et aux visites. C’est ainsi que Raphaël et Nicolas Joli, séminariste catholique de 23 ans, partageant la même chambre, ont pu échanger leurs impressions. Le jeune séminariste a déjà rencontré
des chrétiens d’autres confessions.

«Je me souviens qu’il y a quelques années, après la semaine de prière pour l’unité des chrétiens, le pas­teur qui était venu à l’église nous a dit: “À l’année prochaine!” Cela m’a marqué, l’œcuménisme ne peut pas durer qu’une semaine. Venir ici, c’est une façon de prolonger. »

Avec les autres jeunes chrétiens, Nicolas et Raphaël ont préparé un moment de prière en commun et chacun a été invité à assister au culte des autres confessions. Une vraie surprise pour Aurélie Landais. Cette étudiante de 26 ans est très impliquée dans sa paroisse à Poitiers (Vienne). Elle reconnaît avoir été déstabilisée par la liturgie orthodoxe.
« J’étais au premier rang, raconte-t-elle, je ne savais pas quoi faire, si je devais me lever, m’asseoir, je ne connaissais pas les gestes. Heureusement, nous avons un temps d’explication après. » Nico­las Joli, lui, a pleinement réalisé la fracture qui sépare les chrétiens : en tant que catholique, il n’a pas pu aller communier lors de la Divine Liturgie.

«Si l’objectif est bien de partager un jour la même table,
souligne le pas­teur Gill Daudé, il faut faire prendre conscience à ces jeunes qu’ils sont aussi solidaires du chemin parcouru par leurs Églises. Et que celles-ci sont encore un peu lentes. »
Le pasteur sait que les jeunes chrétiens qu’il a accompagnés cette semaine repartiront
« contents, frus­trés et parfois blessés » par cette expé­rience. « Ils prennent ainsi la mesure de la blessure œcuménique, indique Gill Daudé. Et ce qu’ils ont vécu ici, un œcuménisme vraiment incarné, ils vont ensuite aller le partager avec d’autres dans leurs Églises. »

VALÉRIE-ANNE MAITRE

Chacun a été invité à assister au culte des autres confessions.




Visite au monastère orthodoxe de Solan (Gard) : les jeunes ont été invités à assister à la Divine Liturgie et à rencontrer des religieux orthodoxes.

DIOCÈSE DE NÎMES

 

 
 
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