Textes

Publié le par Père Jean-Pierre

dim. 27 mai 2007
Trois extraits de textes de Pères de l’Eglise sur la Pentecôte
Un dans le Christ
Cet Esprit, Dieu avait promis par les prophètes de le répandre dans les derniers temps sur ses serviteurs et ses servantes afin qu’ils prophétisent. Et c’est pourquoi cet Esprit est descendu sur le Fils de Dieu devenu Fils de l’homme : par là, avec lui, il s’accoutumait à habiter dans le genre humain, à reposer sur les hommes, à résider dans l’ouvrage modelé par Dieu ; il réalisait en eux la volonté du Père et les renouvelait en les faisant passer de leur vétusté à la nouveauté du Christ.
C’est cet Esprit que David avait demandé pour le genre humain (…) C’est encore cet Esprit dont Luc nous dit qu’après l’ascension du Seigneur il est descendu sur les disciples, le jour de la Pentecôte, avec pouvoir sur toutes les nations pour les introduire dans la vie et leur ouvrir le Nouveau Testament : aussi est-ce dans toutes les langues que, animés d’un même sentiment, les disciples célébraient les louanges de Dieu, tandis que l’Esprit ramenait à l’unité les tribus séparées et offrait au Père les prémices de toutes les nations. C’est pourquoi aussi le Seigneur avait promis de nous envoyer un Paraclet qui nous accorderait à Dieu. Car, comme de la farine sèche on ne peut, sans eau, faire une seule pâte et un seul pain, ainsi nous, qui étions une multitude, nous ne pouvions non plus devenir un dans le Christ Jésus sans l’eau venue du ciel. Et comme la terre aride, si elle ne reçoit de l’eau, ne fructifie point, ainsi nous-mêmes, qui n’étions d’abord que du bois sec, nous n’aurions jamais porté du fruit de vie sans la pluie généreuse venue d’en haut.
Irénée de Lyon, Contre les hérésies III, 17, 1-2
A l’intérieur de l’âme
A la Pentecôte, les apôtres ont revêtu la grâce qui vient d’en haut, et ils ont été complètement baptisés par l’Esprit Saint. Lors du baptême, l’eau ne mouille que l’extérieur, mais l’Esprit Saint baptise aussi ce qui est à l’intérieur de l’âme. Les apôtres ont été baptisés de tout leur être, ils ont revêtu leurs âmes et leurs corps de la divinité et du vêtement du salut. Ils ont reçu le feu qui ne brûle pas mais qui sauve, et c’est un feu qui consume les épines du péché et qui sanctifie l’âme ; c’est ce feu que reçoivent tous ceux qui sont baptisés.
Cyrille de Jérusalem, Catéchèse 17, 14
De clarté en clarté 
Maintenant l’Esprit habite parmi nous et se manifeste plus clairement. Quand la divinité du Père n’était pas encore reconnue, il n’aurait pas été prudent d’annoncer ouvertement celle du Fils ; et quand la divinité du Fils n’était pas encore admise, il ne fallait pas imposer, si j’ose dire, un nouveau fardeau aux hommes en leur parlant de l’Esprit Saint. (…) Il fallait donc procéder par des perfectionnements successifs, par des « ascensions », suivant le mot de David (Ps. 83, 6) ; il fallait s’avancer de clarté en clarté, par des progrès et des poussées toujours plus brillantes, pour voir luire la lumière de la Trinité.
C’est pour cette raison, n’est-il pas vrai, qu’il se communique progressivement aux apôtres, se mesurant à leur capacité : suivant qu’on est aux premiers temps de l’Evangile, après la Passion, ou après l’Ascension, il perfectionne leurs aptitudes, il leur est insufflé (Jean 20, 22), ou il apparaît sous forme de langues de feu (Ac 2,3). Et Jésus ne révèle l’Esprit que peu à peu ; tu le remarqueras, si tu prêtes attention aux textes. Il dit d’abord : » Je demanderai au Père et il vous enverra un second Consolateur (Paraclet), l’Esprit de vérité » (Jean 14, 16 et 17). Il s’exprime de la sorte pour qu’on ne croie pas qu’il est en désaccord avec Dieu et qu’il parle sous l’influence d’une puissance étrangère. Il dit ensuite : « Le Père l’enverra », mais « en mon nom » (Jean 14, 26) ; il laisse ainsi de côté la demande pour retenir seulement que le Père enverra l’Esprit. Après quoi, il déclare : « Je l’enverrai » (Jean 16,7), montrant ainsi sa propre autorité. Il dit enfin : « Il viendra » (Jean 16,8), ce qui indique la puissance de l’Esprit.
                                                   Grégoire le Théologien, Discours 31 (5e discours sur Dieu ou théologique)
Rédigé le dim. 27 mai 2007 à 02:31 dans Documents | Lien permanent
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Publié dans Pères de l'Eglise

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