Mi-pentecote
Mercredi 2 mai 2007 : Fête de la Mi - Pentecôte
Epître : Ac 14, 6-18 ; Evangile : Jn 7, 14-30
| Il existe dans la liturgie byzantine une fête intitulée la Mi-Pentecôte ou Méso-Pentecôte qui se célèbre le Mercredi de la quatrième semaine après Pâques, soit à égale distance dans le temps entre Pâques et Pentecôte. Cette fête existait aussi en Occident aux quatrième - cinquième siècles. Nous en avons pour preuve des sermons de saint Pierre Chrysologue qui fut archevêque de Ravenne au milieu du cinquième siècle. Vous vous rappelez peut-être ce que nous avions dit à propos du Dimanche de la Croix situé à la Mi-carême. Il s'agissait d'une étape au milieu de la route qui nous menait à Pâques, cette étape nous faisait déjà participer à ce que nous trouverions au terme du chemin, c'est-à-dire la Passion et la Résurrection. La célébration de la Mi-Pentecôte relève d'une idée semblable. Cette fois, nous sommes en route vers la Pentecôte, c'est-à-dire vers l'effusion de l'Esprit Saint. Nous avons tellement hâte d'y parvenir que l'Eglise nous ménage une étape où nous aurons un avant-goût de ce vers quoi nous cheminons. C'est ce que nous dit un chant des Vêpres de la fête : «Voici qu'approche la surabondante effusion de l'Esprit divin sur toute créature, selon qu'il est écrit. Etant à mi-terme, l'échéance de la promesse faite sans mensonge par le Christ après sa mort, son ensevelissement et sa Résurrection, annonce en la montrant la manifestation du Paraclet». | |
| Le chant principal de la fête, l'apolytikion, nous le dit aussi à sa façon : «Au milieu de la fête, abreuve aux flots de la piété mon âme assoiffée. Car tu as crié à tous, ô Sauveur : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive. 0 Christ Dieu, source de vie, gloire à toi». C'est l'eau vive promise par le Christ dont nous anticipons la réception. Le choix de l'Evangile de la Divine Liturgie nous l'indique à sa manière. C'est le passage de saint Jean, au chapitre 7, qui commence par : « Au milieu de la fête, jésus monta au Temple et se mit à enseigner... » Ce passage ne parle pas de l'eau vive, mais si nous allons jusqu'au verset 37, nous trouvons alors ce qui sera lu au jour de la Pentecôte, à savoir : «Le dernier jour de la fête, le grand jour, Jésus lança à pleine voix : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive... Selon le mot de l'Ecriture : de son sein couleront des fleuves d'eau vive. Il parlait de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croient en lui». Pour le moment, nous sommes au milieu de la fête. Mais nous savons que le dernier jour de la fête verra la réalisation de la promesse, l'envoi de l'Esprit Saint. L'Eglise a un sens profond du temps et aussi de l'espace qui prennent leur consistance propre du fait que Dieu, dans le Christ, est intervenu directement dans notre temps et notre espace. Voici un texte des Matines de la Mi-Pentecôte qui le suggère : «Toi qui tiens en main le cœur et la fin de toutes choses ainsi que leur commencement, ô toi sans commencement, tu te dressas au milieu de tous et tu crias : «Venez jouir des dons divins, vous dont la sagesse vous est donnée par Dieu». C'est parce que le Christ a vécu au milieu de nous que nous pouvons accepter d'être encore en chemin, d'être encore au milieu de la route, au milieu de la vie, à mi-chemin entre notre baptême et son accomplissement ultime à la fin des temps, quand Dieu sera tout en tous. Il y a une impatience normale qui pourrait nous suggérer que le temps que nous vivons ne sert à rien et qu'il nous faudrait dès maintenant rejoindre la plénitude de la vie éternelle qui nous est promise. Ce serait oublier que dès maintenant nous pouvons participer à la vie éternelle grâce à l'Eucharistie qui nous fait partager la vie même du Christ. Le Christ qui est l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin de tout, est aussi « au milieu » de nous et de tout, et nous donne en Lui de participer à la plénitude. |