Saint Basile le Grand (fêté le 1èr janvier)

Publié le par Père Jean-Pierre

Saint Basile le Grand (fêté le 1èr janvier)

Saint Basile le Grand (fêté le 1èr janvier)

Publié le 19/12/2006 à 12:00 par Valère De Pryck
Saint Basile le Grand (fêté le 1èr janvier)









Saint Basile de Césarée
329-379
Fêté le 1èr Janvier

Basile naquit à Césarée, capitale de la Cappadoce au centre de la Turquie. Ses parents, très chrétiens, eurent dix enfants, parmi lesquels l’aînée, Sainte Macrine et cinq fils dont trois devinrent évêques : Basile, Grégoire (futur évêque de Nysse) et Pierre (futur évêque de Sébaste). De santé fragile, il étudia à Césarée, Constantinople et Athènes. Là, il se lia d’amitié avec Grégoire de Nazianze. Sa sœur Macrine lui fit des remontrances au sujet de la vie mondaine qu’il y menait. Baptisé vers 357, il parcourut l’Orient à la recherche d’un maître spirituel. A son retour, il s’établit à Annesi dans un lieu sauvage, propriété de la famille où sa mère et Macrine vivaient déjà en ascètes. Il y fut rejoint par Grégoire de Nazianze et ensemble se consacrèrent à une vie cénobitique de prière, d’étude et de travail manuel. Il fut ordonné par Eusèbe de Césarée pour l’aider dans la lutte contre les Ariens. L’empereur Valens étant arien, il était urgent de s’opposer aux prélats hérétiques qu’il nommait. Pendant la grande famine de 368 en Cappadoce, il vendit ses terres. Consacré évêque en 370, il inaugura peu après, en 374, le quartier épiscopal, cité de la charité, appelé La Basiliade. Il écrivit à ses collègues évêques de faire de même. Il eut à subir des vexations, des calomnies pour sa foi , il fut même suspecté d’hérésie par le pape Damase. Lorsqu’il eut recours à lui pour défendre l’unité qui menaçait l’antiquité chrétienne d’Antioche, celui-ci ne daigna même pas lui répondre et Basile en fut fort affecté. 

Dans ses écrits dogmatiques, il se consacra à la lutte contre l’arianisme qui s’attaquait aux relations des personnes de la Sainte Trinité. Il réfuta les thèses ariennes en trois livres Contre Eunome (porte-parole des Ariens). Pour défendre sa foi, il écrivit le Traité sur le Saint Esprit. Le préfet Modeste vint exiger au nom de l’empereur qu’il renonce à la foi de Nicée, et plus particulièrement au mot « consubstantiel ». Devant son refus le préfet s’étonne : Personne n’a osé jusqu’ici me parler si librement », Basile répond « C’est que tu n‘as sans doute jamais rencontré d’évêque ». Lorsqu’il était menacé par le pouvoir, la foule était avec lui pour le défendre. Il était de cette race prête à affronter le martyre. Son ascèse consistait en une foi qui se traduisait en œuvres, par la charité et l’obéissance. « Dieu veut que les embrassements de la charité nous attachent à notre prochain comme les vrilles de la vigne et nous fassent reposer sur lui afin que, dans nos continuels élans vers le ciel, nous puissions, telles des vignes grimpantes, nous élever jusqu’aux cimes les plus hautes ».
Pour lui, la prière n’est pas un devoir, elle devient une vie de louange et d’action de grâces. 

L’homme n’est pas un animal monastique, dans le sens où il serait un être solitaire solitaire. Il désire une cohérence dans la foi. Dieu et le prochain. Le bonheur et la joie de se trouver tous ensemble. « Dieu veut que nous ayons besoin les uns des autres » (Grande Règle 7). Il ne veut pas que l’ascète soit « monachos » c.à.d. moine (monos : seul), mais «monotropos», unifié (au sens moral). L’idée mère de sa règle est l’obéissance : aux commandements, à l’essentiel : la charité fraternelle, partie intégrante de la charité envers Dieu. L’obéissance est une soumission intérieure et sans murmure, un service utile à tous dans le travail. Il insiste sur cette vie commune, se référant au lavement des pieds de son Maître : « il se ceignit lui-même et, en personne, lava les pieds de ses disciples ». Il pose alors la question : « Mais toi qui es seul, à qui laveras-tu les pieds ? ». 

Basile est le grand représentant du prêtre-moine, de l’évêque-moine proposé comme modèle à la communauté. Avant tout, il est pasteur, attentif aux problèmes d’un chacun, sachant consoler et fortifier. Sensible de cœur, il vit une grande compassion envers tous. Ainsi par ex. à cette mère qui venait de perdre son enfant, il ne fait pas de grands discours mais partage simplement son chagrin. 
Il fut un ardent défenseur du mystère de la Sainte Trinité dans lequel il trouve l’essence même de la religion chrétienne. Là où la Bible se tait, les théologiens, eux aussi devraient se taire et ne pas troubler les croyants par leurs subtilités. Des évêques, il exige une attitude œcuménique. 
Comment profiter des lettres helléniques, demande-t-il. 
Aux jeunes gens, Basile souhaite leur apprendre à goûter ce qu’il y a de bon chez les auteurs païens classiques, en comparaison avec l’Evangile, mais, dit-il, « il faut suivre l’exemple des abeilles qui butinent le miel et laissent le poison ». (Aux jeunes gens sur la manière de profiter des lettres helléniques).
Dans sa prédication, il met en lumière les grands thèmes sociaux de l’égalité foncière des hommes, de la dignité de la condition humaine, de la légitimité mais aussi des limites de la propriété. Sa doctrine équilibrée ne condamne pas la richesse en soi, mais la passion de posséder : « Posséder plus que nécessaire, c’est frustrer les pauvres, c’est voler ». 
Accueillir la prédication de Basile c’est accueillir l’Evangile des pauvres. Son enseignement social garde toute sa valeur aujourd’hui.

Basile s’est donné sans compter. Il meurt prématurément à l’âge de cinquante ans, épuisé par les austérités, les échecs, les incompréhensions et les oppositions. L’histoire a reconnu le mérite de ses qualités innombrables en l’appelant Basile le Grand.. 

A certaines fêtes de l’année, l’Eglise Byzantine célèbre la Liturgie selon Saint Basile. 

Valère De Pryck
Sources : A. Hamman, Dictionnaire des Pères de l’Eglise, Desclée De Brouwer, 1977. 
Sr. Gabriel Peters O.S.B. Lire les Pères de l’Eglise, Cours de Patrologie, D.D.B. 1981.

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