Père Arnold James BERNSTEIN: Qu'est-ce qui exista d'abord, l'Eglise ou le Nouveau Testament? (5)

Publié le par Père Jean-Pierre

SAMEDI 5 JUIN 2010

www.orthodoxologie.blogspot.com


L'ÉVANGILE SELON QUI ?
Ensuite, j'ai été étonné de découvrir que beaucoup "d'évangiles", en plus de ceux du canon du Nouveau Testament circulaient aux premier et deuxième siècles. Ceux-ci comprenaient l'Évangile selon les Hébreux, l'Évangile selon les Egyptiens et l'Évangile selon Pierre, pour en nommer seulement quelques-uns.

Le Nouveau Testament lui-même parle de l'existence de telles versions. L'Évangile de saint Luc commence en disant, "Attendu que plusieurs [je souligne] ont entrepris de composer un récit de ces événements qui ont été accomplis parmi nous... il m'a semblé bon aussi... de te les exposer par écrit de manière suivie" (Luc 1:1, 3). A l'époque où Luc a écrit, Matthieu et Marc étaient les deux seuls Évangiles canoniques qui avaient été écrits. Avec le temps, tous sauf les quatre Évangiles ont été exclus du canon du Nouveau Testament. Pourtant dans les premières années de Christianisme, il y avait même une controverse pour savoir lequel de ces quatre Évangiles il fallait utiliser.

La plupart des Chrétiens d'Asie Mineure utilisaient l'Évangile de Jean plutôt que les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc. Basé sur le récit de le Passion contenu dans Jean, la plupart des chrétiens d'Asie Mineure célébraient la Pâques un jour différent de ceux de Rome. Les chrétiens romains résistèrent à l'Évangile de Jean et à sa place, utilisaient les autres Évangiles.

L'Église Occidentale hésita un temps à utiliser l'Évangile de Jean parce que les hérétiques gnostiques s'en servaient avec leur propre "évangiles secrets." Un autre débat a surgi sur la question de savoir s'il devrait y avoir des Evangiles séparés ou un seul récit d'Evangile composé.

Au deuxième siècle, Tatien, qui était l'étudiant de Justin Martyr, publia un composé seul Evangile "harmonisé" appelé le Diatessaron. L'Église syrienne utilisa cet évangile composé aux deuxième, troisième et quatrième siècles; elle n'accepta pas tous les quatre Évangiles jusqu'au cinquième siècle. Elle a aussi ignoré pendant un temps les Épîtres de Jean, 2 Pierre et le Livre de l'Apocalypse.

Pour compliquer le sujet plus encore, l'Église d'Egypte, comme on le voit reflété dans le canon du Nouveau Testament du deuxième siècle de Clément d'Alexandrie, comprenait "les Evangiles" des Hébreux, des Egyptiens et de Mattathias. De plus ils considéraient comme d'origine apostolique la Première Épître de Clément (l'Évêque de Rome), l'Épître de Barnabas, les Prêches de Pierre, l'Apocalypse de Pierre, la Didachè, le Protoévangele de Jacques, les Actes de Jean, les Actes de Paul et le Pasteur d'Hermas (qu'ils considéraient comme particulièrement inspirés).
Irenée (deuxième siècle), Évêque de martyr de Lyon en Gaule, incluait l'Apocalypse de Pierre dans son canon.


Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après

Commenter cet article