Père Antoine Alévizopoulos: la Quête de la Vérité (II) La Vérité Chrétienne

Publié le par Père Jean-Pierre

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Ce vide qui se crée dans l'homme qui cherche une vérité salvifique est rempli par l'Église. Le chrétien ne cherche pas la vérité faite par l'homme, la vérité rationnelle, une idée ou quelque Esprit Cosmique, appelé Dieu.

Il cherche la vérité qui transcende les limites de l'homme et de toute la création. En outre, il cherche Dieu Qui peut entrer en communion personnelle avec lui, dans une communion d'amour, c'est-à-dire qu'il cherche Dieu Qui est une personne.

Pour le chrétien, la connaissance de Dieu a une signification différente. Ce n'est pas simplement un objet d'approche rationnelle ou une plongée impersonnelle dans un Principe de l'Univers qui exclut toute relation personnelle. La connaissance chrétienne de Dieu est un événement de communion personnelle entre Dieu et l'homme, une communion liées à l'existence entière de l'homme et non pas simplement reléguée à sa faculté rationnelle.

La "connaissance" donc, selon la conception chrétienne, n'est pas le produit de l'activité rationnelle, séparée de l'amour, en effet dans les Saintes Écritures le terme est utilisé pour exprimer la consommation de communion interpersonnelle dans le mariage (Genèse 4:1). Une telle communion n'abolit pas la personne de l'homme dans une sorte de principe "cosmique", mais elle le protège plutôt! Grâce à cette communion, l'homme mortel transcende la condition de créature, c'est-à-dire, le fait qu'il soit créé, et il participe à la vie du Dieu incréé et éternel.

L'homme, cependant, ne peuvent pas réaliser cette transcendance à travers ses propres capacités et potentiels, qui par nécessité sont limitées à la sphère de la réalité créée. La nature même de l'homme est un obstacle insurmontable qui rend son passage ou sa "montée", et son approche de Dieu impossible. Un abîme ontologique, c'est à dire un fossé infranchissable liés à l'essence de Dieu et à celle de l'homme, sépare l'homme de Dieu. L'homme ne peut dépasser ce gouffre.

Mais ce que l'homme ne peut pas faire, Dieu le fait par amour pour Sa créature: Il "descend" ou plutôt "condescend", c'est-à-dire qu'Il s'adapte à la condition de l'homme, transcende l'abîme, Se révèle à sa créature et lui offre la possibilité d'une communion réelle de l'amour et la vie.

La connaissance de la vérité chrétienne, c'est-à-dire la vie éternelle, est et reste le grand don de notre Père céleste affectueux. Ce n'est pas le résultat de nos efforts humains. Ce que Dieu nous offre n'est pas conditionné par nos efforts. C'est le fruit de la liberté et de l'amour de Dieu. Ce don est offert librement et devrait être toujours accepté avec gratitude. Personne ne peut forcer le donateur à offrir ses dons.

Par ailleurs, Dieu ne viole pas la volonté humaine. Il lui permet de faire son propre choix libre. Il lui permet de répondre à Son amour pour l'amour de Dieu ou de rejeter cet amour. Un tel choix ne fait pas partie du domaine rationnel de l'homme, c'est-à-dire qu'une inclination rationnelle vers Dieu de la part de l'homme, ne suffit pas. L'homme doit participer à la totalité. Ce qui est nécessaire est une preuve tangible de se retour holistique de l'homme vers Dieu, qui inclut sa lutte pour la catharsis spirituelle, l'exécution du commandement de Dieu. Sans ce présupposé de base, il est impossible de trouver Dieu:

"En effet, les pensées perverses séparent de Dieu, et sa puissance, quand on la met à l'épreuve, accuse les insensés.
La sagesse n'entre pas dans une âme qui médite le mal, et n'habite pas dans un corps esclave du péché.
L'Esprit-Saint, éducateur des hommes, fuit l'astuce; il s'éloigne des pensées dépourvues d'intelligence, et se retire quand approche l'iniquité." (Sagesse de Salomon 1,3-5).

Le libre exercice des vertus divines éloigne l'homme de l'autonomie. Il fonctionne dans le domaine de l'amour de Dieu. L'homme, par son obéissance et par la réalisation des commandements de Dieu humilie son corps et son esprit, en reconnaissant que par lui-même il ne peut ni entreprendre ni continuer à cheminer sur le chemin de la connaissance véritable de Dieu. Sa vie entière devient un crie vers Dieu. Dieu condescend ensuite et Il offre à l'homme la grâce de Sa connaissance. L'homme devient participant de cette grâce, qui est don de Dieu, et qui est appelée énergie divine incréée. Bien sûr, la grâce n'est pas identique à l'essence de Dieu. L'essence de Dieu reste inaccessible et incompréhensible pour l'homme. La grâce cependant, sourd de l'essence de Dieu Qui est sa source. Par conséquent, elle n'est pas créée, mais incréée. C'est pourquoi la condescendance de Dieu signifie pour l'homme la connaissance véritable de Dieu, la vie éternelle et le salut. C'est là le concept chrétien concernant la connaissance de Dieu.

Pour les fidèles parvenir à cette connaissance salvifique, il est nécessaire qu'il "incline la tête", qu'il se soumette dans l'amour au Seigneur miséricordieux. C'est pour cette raison que le prêtre célébrant les offices divins, après l'injonction "Inclinez vos têtes devant le Seigneur», prie ainsi:

"Ô Seigneur, notre Dieu, Toi Qui as abaissé le ciel et es descendu pour le salut de la race des hommes, regarde Tes serviteurs et Ton héritage. Car pour Toi, Juge redoutable et Ami de l'homme, Tes serviteurs ont incliné la tête et leur nuque, cherchant le secours non pas des hommes, mais demeurant en Ta miséricorde et en attente de Ton salut... "

Avec le concept chrétien de la vérité et de sa "connaissance", la vie de l'homme acquiert un sens plus profond, plus vrai et une destinée éternelle. Il suffit que l'homme considère la "connaissance" de Dieu, comme le trésor le plus précieux de sa vie, et qu'il le cherche correctement. Ensuite, la grâce de Dieu va le toucher et le désir de Dieu va devenir si grand que rien ne pourra se placer entre lui et Dieu ou le séparer de l'amour de Dieu:

"Qui nous séparera de l'amour de Christ? Sera-ce la tribulation, ou l'angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou la nudité, ou le péril, ou l'épée? selon qu'il est écrit: C'est à cause de toi qu'on nous met à mort tout le jour, Qu'on nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car j'ai l'assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur."(Romains 8, 35-39).

C'est la voie que les saints martyrs de notre Église ont suivie; Ainsi l'hymne de l'Église chante:

"Ni la tribulation, ni la détresse, ni la famine, ni la persécution, ni le fouet, ni la colère des bêtes, ni l'épée, ni le feu, ne peuvent vous menacer de la séparation d'avec Dieu, Martyrs dignes de toute louange, car vous avez échappé à la nature en dédaignant la mort par votre désir ardent pour Lui et vous avez lutté comme si le corps vous était étranger…"

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://www.impantokratoros.gr/searching_the_truth.en.aspx


Père Antoine (Alévizopoulos) 
Th. D. Ph. D.

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