Orthodoxie : vers le dégel des relations serbo-macédoniennes ?

Publié le par Père Jean-Pierre

BIRN/Le Courrier des Balkans

Orthodoxie : vers le dégel des relations serbo-macédoniennes ?

Traduit par Stéphane Surprenant
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 4 février 2010
Mise en ligne : mercredi 10 février 2010
L’élection du nouveau patriarche serbe Irinej permettra-t-elle une reprise du dialogue entre les Églises orthodoxes serbe et macédonienne, interrompu depuis 2002 ? Irinej serait plus ouvert sur le sujet que son prédécesseur Pavle, mais Skopje a déjà mis ses conditions, s’opposant à ce que tout dialogue inclue le métropolite Jovan, le chef de l’éparchie serbe en Macédoine.
JPEG - 109 ko
Le metropolite Jovan, dissident de l’Église macédonienne

L’Église orthodoxe de Macédoine refusera toute solution négociée pour le différend qui l’oppose à l’Église serbe orthodoxe si cela implique de discuter avec le métropolite Jovan, que l’Église macédonienne considère comme un renégat.

Cette décision a été prise mercredi 3 février 2010 par le Saint Synode de l’Église orthodoxe de Macédoine, a indiqué aux médias l’évêque Timotej, son porte-parole. L’Église macédonienne répondait ainsi à une récente proposition par l’Église serbe visant à inclure Jovan dans les négociations.

Le métropolite Jovan a en effet réintégré l’Église orthodoxe serbe, après l’échec des pourparlers de Niš, en 2002, prenant la tête d’une Éparchie orthodoxe d’Ohrid, autonome au sein de l’Église orthodoxe serbe. L’évêque Jovan (Vraniškovski) a fait, depuis, l’objet d’une véritable persécution politico-religieuse en Macédoine.

En effet, l’Église orthodoxe serbe, soutenue par toutes les autres Églises du monde orthodoxe, s’oppose à toute reconnaissance de l’Église macédonienne depuis que celle-ci a, unilatéralement, proclamé son autocéphalie, en 1967. L’Église serbe propose une réintégration en son sein de l’Église macédonienne, qui se verrait accorder un statut d’autonomie, distinct de l’autocéphalie à laquelle prétend aujourd’hui cette Église.


Découvrez notre cahier « La haine au nom de Dieu » ? Religions et nationalisme dans les Balkans

Un cahier de 330 pages, novembre 2009, 14 euros.


Après plusieurs années de relations glaciales, les observateurs ont relevé la possibilité d’une reprise ses discussions à la suite de l’intronisation du nouveau chef de l’Église orthodoxe serbe, le patriarche Irinej. En effet, celui-ci est perçu comme moins rigide sur cette question que son prédécesseur, le Patriarche Pavle.

Contrairement à l’Église catholique, le monde orthodoxe n’est pas unifié. Il se compose de nombreuses Églises autonomes, telles que l’Église orthodoxe serbe. Chacune des ces structures, bien que professant la même foi et pratiquant les mêmes rites, se distingue du point de vue géographique et national.

Commenter cet article