Le pasteur Richard Wurmbrand et l'Orthodoxie (1)

Publié le par Père Jean-Pierre


Le pasteur Richard Wurmbrand et l'Orthodoxie (1)


Tout au long de l'ère de la domination communiste d'Europe orientale, il y eut beaucoup de héros qui souffrirent et qui sont morts en prison pour avoir tenté d'aider les chrétiens derrière le Rideau de Fer. L’un de ces héros les plus connus est le pasteur Richard Wurmbrand, pasteur luthérien qui initia un ministère clandestin en Roumanie en 1945. Sur les vingt années suivantes, il passa quatorze ans en prison. Enfin rachetés ( ndt : la Roumanie communiste vendait ses citoyens afin d’avoir des devises, mais cela ne l’empêchait pas d’avoir le statut de nation privilégiée auprès des USA!) de Roumanie en 1965, il créa un ministère d’entrée en contrebande de Bibles et une aide concrète aux familles des martyrs de Roumanie. Il est décédé en Février 2001, souffrant jusques à la fin des mauvais traitements qu’il avait reçu de la part des communistes.

Le pasteur Wurmbrand lui-même et ceux des histoires qu'il raconte sont de brillants exemples de la façon dont les chrétiens fidèles peuvent non seulement survivre, mais être éclairés par les souffrances terribles de la prison.


Témoignage de première main
d'un pasteur luthérien sur la vie en prison
par le Pasteur Richard Wurmbrand


Je suis un chrétien d'un pays orthodoxe, le pays de Roumanie. Après avoir été en prison pendant quatorze ans pour ma foi, c’est maintenant mon travail missionnaire d’aider les chrétiens persécutés dans les pays communistes. Je voudrais vous raconter les histoires de plusieurs chrétiens orthodoxes avec qui j'ai eu le privilège d'entrer en contact pendant mon séjour en prison. Leurs exemples et leurs actes ont été, au fil des ans, une source constante d'encouragement pour moi.

Réjouissez-vous toujours

Le premier homme était un prêtre qui avait été mis en prison à l'âge de soixante-dix ans. Son nom était Surioanu. Quand il fut amené avec sa grande barbe et sa tête blanches, des officiers à la porte de la prison se moquèrent de lui. Quelqu’un demanda, "Pourquoi ont-ils amené ce vieux prêtre ici?" Et un autre répondit avec une raillerie: "Probablement pour entendre les confessions de tout le monde." Ce sont ses paroles exactes.

Ce prêtre avait un fils qui était mort dans une prison soviétique. Sa fille avait été condamnée à vingt ans de prison. Deux de ses gendres étaient avec lui en prison, l’un d’eux était avec lui dans la même cellule. Ses petits-enfants n'avaient pas de nourriture, ils étaient forcés de manger en fouillant dans les ordures. Sa famille entière avait été détruite. Il avait perdu son église. Mais cet homme avait un tel visage rayonnant : il y avait toujours un beau sourire sur ses lèvres. Il n'accueillait jamais qui que ce soit en disant "Bonjour" ou "Bonsoir", mais plutôt par les mots: "Réjouissez-vous toujours."

Un jour, nous lui avons demandé: «Père, comment pouvez-vous dire« Réjouissez-vous toujours »-? Vous qui êtes passé par une telle tragédie"

Il a dit, "Se réjouir est très facile. Si nous accomplissons au moins une parole de la Bible, il est écrit: "Réjouissez-vous avec tous ceux qui se réjouissent." Maintenant, si on se réjouit avec tous ceux qui se réjouissent, il a toujours beaucoup de motivation pour se réjouir. Je suis assis en prison, et je me réjouis qu'un si grand nombre soient libres. Je ne vais pas à l'église, mais je me réjouis avec tous ceux qui sont dans l'église. Je ne peux pas prendre la Sainte Communion, mais je me réjouis de tous ceux qui communient. Je ne peux pas lire la Bible ou tout autre livre saint, mais je me réjouis avec ceux qui le font. Je ne peux pas voir des fleurs [nous n'avons jamais vu un arbre ou une fleur au cours de ces années. Nous étions sous terre, dans une prison souterraine. Nous n'avons jamais vu le soleil, la lune, les étoiles - à plusieurs reprises nous avons oublié que ces choses existaient. Nous n'avons jamais vu une couleur, mais les seuls murs gris de la cellule et nos uniformes gris. Mais nous savions qu'un tel monde existait, un monde avec des papillons multicolores et des arcs-en-ciel], mais je peux me réjouir avec ceux qui voient les arcs-en-ciel et qui voient les papillons multicolores. "

En prison, l'odeur n'était pas très bonne. Mais le prêtre disait: "D'autres ont le parfum des fleurs autour d'eux, et les jeunes filles ont mis du parfum. Et d'autres font des pique-niques et d'autres ont leurs familles d'enfants autour d'eux. Je ne peux pas voir mes enfants, mais d'autres ont des enfants. Et celui qui peut se réjouir avec tous ceux qui se réjouissent peut toujours se réjouir. Je peux toujours être heureux."

C'est pourquoi il avait une telle belle expression sur son visage.

Version française Claude Lopez-Ginisty
d'après
http://silouanthompson.net/2009/12/with-my-own-eyes/

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