Le 18 août, mémoire de notre vénérable Père ARSÈNE le NOUVEAU de PAROS.

Publié le par Père Jean-Pierre

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Né de parents pieux à Ioannina, en 1800, Saint Arsène resta orphelin à l'âge de neuf ans, et il fut recueilli par le Hiéromoine Grégoire, directeur de l'école de Kydonia, en Asie Mineure. Au cours de sa cinquième et dernière année d'études, il fut présenté au Père Daniel de Zagora, un des pères spirituels les plus renommés de cette époque, et il s'attacha à lui

Daniel ayant décidé de se retirer au Mont Athos, son jeune disciple le supplia de le prendre avec lui,malgré les règlements interdisant l'entrée des adolescents sur la Sainte Montagne. Progressant rapidement dans les vertus fondamentales du renoncement à sa volonté propre, de l'humilité et de l'obéissance, il fut revêtu de l'Habit angélique sous le nom d'Arsène. Au bout de six années, les deux hommes de Dieu durent cependant quitter la Sainte Montagne, à cause des troubles et dissensions occasionnés par la controverse au sujet des collyves et de la communion fréquente1. Cette persécution contre les défenseurs des traditions apostoliques tourna en fait à leur avantage car, exilés dans différentes régions de Grèce, notamment dans les îles, les Collyvadès suscitèrent un réveil de la vie spirituelle dans la population, qui reste sensible jusqu'à nos jours.

Nos deux Saints s'installèrent d'abord au Monastère de Pendéli en Attique (cf. 16 août). Mais la Révolution se préparant à éclater et Daniel prévoyant que le monastère allait être détruit par les Turcs, ils se réfugièrent dans l'archipel des Cyclades. A Paros, ils furent accueillis fraternellement par l'Higoumène du Monastère de Longovarda, Philothée, qui les envoya auprès du célèbre prédicateur, Cyrille Papadopoulos, résidant au Monastère de Saint-Antoine avec d'autres moines athonites du parti des Collyvadès. A la demande des habitants de l'île de Pholégandros, qui désiraient recevoir une indispensable instruction, Arsène fut ordonné Diacre et désigné comme maître d'école. Sa tâche ne se limitait pas à l'enseignement du grec, mais il s'efforçait surtout d'inspirer à ses élèves le respect des commandements de Dieu et l'amour de la vertu. Daniel confessant les adultes et Arsène enseignant les enfants, les moeurs de la population changèrent rapidement et atteignirent une haute qualité morale. Lorsqu'au bout de quelque temps, Daniel sentit sa fin prochaine, il recommanda à son disciple d'aller porter son corps sur la Sainte Montagne et de passer le reste de ses jours dans l'hésychia, pour se préparer à leurs retrouvailles dans la Jérusalem céleste.

De nouveau orphelin, mais confiant en la protection de Dieu, Arsène se sépara de ses fidèles éplorés et s'embarqua pour l'Athos. Il fit halte à Paros, pour saluer le Père Philothée et vénérer la tombe du Père Cyrille, récemment décédé dans le petit Monastère de Saint-Georges. Mais là, il dut se rendre aux instances des disciples du défunt et décida de rester dans ce monastère. Il menait une vie digne du grand Arsène: mangeant juste de quoi se maintenir en vie, ne dormant que trois heures par nuit et priant tout le reste de son temps. Ses progrès dans l'art de l'ascèse suscitèrent l'admiration générale, et il fut ordonné malgré lui Prêtre et Confesseur par le Métropolite des Cyclades. Appelé par la Providence à instruire le peuple, il préférait toujours que ses actes devancent ses paroles et se montrait un vivant modèle de la perfection évangélique. Quand il se tenait à l'Autel, il ressemblait à un Ange resplendissant et ses larmes portaient à la componction tous les assistants. De telles vertus attiraient à lui, pour se confesser, non seulement les Chrétiens de Paros, mais aussi des autres îles et de différentes villes de Grèce, ainsi que des moines du Mont Athos et d'autres monastères. Il les recevait avec amour et usait d'un fin discernement pour leur procurer le remède convenant à leurs maux spirituels. A la mort de l'Higoumène, les moines l'élurent à l'unanimité pour lui succéder. Mais le Saint constata bientôt que cette charge faisait obstacle à son activité pastorale, c'est pourquoi il démissionna et se consacra dès lors exclusivement à la prière et à la confession. Il était père spirituel des Monastères de Longovarda, de Saint-Georges et du couvent de la Transfiguration; et quand il se rendait de l'un à l'autre, à dos de mulet, il couvrait son visage de son koukoulion2 , afin de n'être distrait en rien dans sa prière continuelle.

En plus des afflictions volontaires de l'ascèse, Saint Arsène eut à subir des tracas de la part de certains notables de l'île et même du Métropolite, qui le suspendit provisoirement de ses fonctions sacerdotales. Il se réjouissait cependant, comme Saint Paul (II Cor. 7:4), dans ces tribulations et priait pour ses ennemis. Il souffrit aussi des troubles et divisions survenus entre les moniales de la Transfiguration, à tel point que, ses remontrances restant sans effet, il décida de les abandonner à leur mauvaise volonté. Mais, en chemin, il rencontra le Grand-Martyr Georges, qui l'exhorta à supporter les péchés et passions de ses enfants spirituelles, comme le Christ supporte les péchés de tous les hommes, et Arsène retourna au couvent. Il était pour l'île de Paros une véritable présence de Dieu, mettant un terme à la sécheresse par sa prière et protégeant les habitants des attaques des démons. Après avoir accompli ainsi de nombreux miracles, dont le plus grand fut la conversion de quantité de pécheurs, il s'endormit en paix, le 31 janvier 1877 3

1. Cf notices de Sts Macaire de Corinthe (17 av.) et Nicodème l'Hagiorite (14 juil.). Il faut noter qu'Athanase de Paros, l'un des principaux protagonistes du parti des "Collyvadès", est vénéré localement à Paros.
2. Voile qui couvre la tête des moines et qui symbolise leur consécration à Dieu.
3. Son culte se développa spontanément dans la population et fut reconnu par le Patriarcat de Constantinople en 1967, grâce aux efforts du P. Philothée Zervakos (+ 1979), Higoumène de Longovarda et digne successeur des Saints Collyvadès.

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