Le 11 février, nous célébrons la mémoire du Saint Hiéromartyr BLAISE, Evêque de SEBASTE, et de ses compagnons

Publié le par Père Jean-Pierre

Le 11 février, nous célébrons la mémoire du Saint Hiéromartyr BLAISE, Evêque de SEBASTE, et de ses compagnons

St BlaiseArménien de naissance et médecin de profession, Blaise menait une vie semblable au juste Job : intègre et droit, craignant Dieu et se gardant de tout mal. Comme il avait gagné par ces vertus l'affection de tous ses concitoyens, il fut élu Evêque de la ville de Sébaste. Au temps de la Grande Persécution, il confessa hardiment la Foi et encouragea les Saints Martyrs à mener jusqu'au bout le bon combat. Il rendit visite à Saint Eustrate dans son cachot avant son glorieux Martyre, et célébra pour lui la Divine Liturgie, puis il se chargea de recueillir les précieuses Reliques des Cinq Martyrs pour les transmettre à la vénération du Peuple Chrétien1. Au bout de quelque temps, il se retira sur une montagne des environs, nommée Argée, et s'enferma dans une grotte, afin d'y élever vers Dieu des prières pures, exemptes de toute distraction. Attiré par la bonne odeur de ses vertus, comme vers un nouvel Adam, les bêtes sauvages venaient vers lui et attendaient paisiblement à l'entrée de la grotte qu'il eût achevé sa prière pour recevoir sa bénédiction ou la guérison de leurs maux.

Sous le règne de J'empereur Licinius (vers 316), Agricolaos, gouvemeur de Cappadoce, vint à Sébaste en vue d'y arrêter les Chrétiens. Comme il avait projeté de livrer les condamnés aux bêtes féroces dans l'amphithéâtre, il envoya ses gens dans la montagne pour les capturer vivantes. Arrivés à proximité de la caverne du Saint, les soldats eurent la surprise de trouver là un grand nombre de lions, de tigres, d'ours, de loups et d'autres fauves qui lui tenaient paisiblement compagnie. Ils en informèrent aussitôt le gouverneur qui leur donna l'ordre d'arrêter Blaise. Le saint ermite les reçut avec affabilité, leur annonçant qu'il avait été prévenu de leur venue par une vision, et il les suivit sans opposer la moindre résistance. Sur le chemin de nombreux païens se convertirent au Christ en voyant la paix et l'ineffable douceur qui se dégageaient de sa personne, et à son passage, les malades, hommes et bêtes, retrouvaient la santé. Une femme en larmes lui présenta alors son enfant qui était sur le point de mourir d'étouffement après avoir avalé une arête de poisson. Le Saint plongea sa main dans la gorge de l'enfant et pria le Seigneur de le délivrer, lui et tous ceux qui, souffrant d'un tel mal dans la suite des temps, invoqueront son intercession, et l'enfant fut aussitôt rendu à sa mère en pleine santé.

Parvenu à Sébaste et traduit devant le tribunal, Blaise répondit avec hardiesse aux questions d'Agricolaos, en condamnant la vanité du culte des idoles sans vie. Il endura avec joie les coups de verges, puis fut jeté en prison. Après avoir été soumis à de nouveaux supplices et avoir déclaré au gouverneur : « Je ne crains pas tes tortures, car je regarde vers les biens futurs »; il fut de nouveau jeté tout sanglant dans son cachot. Sept femmes pieuses le suivirent, ramassant les gouttes de sang qui coulaient à terre, pour s'en oindre le visage comme du plus précieux parfum. Elles furent immédiatement arrêtées et présentées au gouverneur qui les menaça des plus cruels tourments si elles refusaient de sacrifier aux idoles. Feignant d'acquiescer elles demandèrent qu'on apportât les statues au bord du lac - ce même lac qui devint un peu plus tard le théâtre du glorieux combat des Quarante Martyrs (cf. 9 mars) -, afin qu'elles puissent les laver avant de leur offrir un digne sacrifice. Dès qu'on leur apporta les statues, elles les jetèrent au fond du lac. En apprenant cette nouvelle, Agricolaos entra dans une terrible fureur et fit préparer un grand brasier, avec du plomb fondu et des peignes de fer, et il leur demanda de choisir entre ces tortures et de riches parures qu'il avait fait exposer à proximité. Une des femmes, mère de deux jeunes enfants, se précipita et jeta les parures au feu, encouragée par ses enfants qui lui criaient : « Ne nous abandonnes pas! Comme tu nous as nourris de ton lait maternel, laisse-nous te suivre pour hériter du Royaume des Cieux! » Le tyran fit alors attacher les saintes femmes à des poteaux et ordonna qu'on leur déchire le corps au moyen de peignes de fer.

Puis, comme elles restaient miraculeusement indemnes, même après avoir été jetées dans les flammes, elles eurent la tête tranchée, en adressant de ferventes actions de grâces à Dieu et à Son serviteur Biaise.

Les efforts d'Agricolaos pour ébranler la résolution de Saint Blaise étant restés vains, il le condamna à êtré noyé dans le lac. Quand le bourreau l'amena sur la rive, le Saint Martyr fit le signe de la Croix et se mit à marcher sur les eaux, à l'imitation du Seigneur. Revenu au milieu du lac, il invita les païens à venir le rejoindre, s'ils croyaient pouvoir se confier en leurs dieux. Soixante-huit d'entre eux s'avancèrent et périrent aussitôt noyés, pendant qu'un Ange lumineux apparaissait et invitait le Saint à regagner la berge pour recevoir la couronne de gloire.

Condamné à être décapité avec les deux audacieux enfants, Saint Blaise, resplendissant de la lumière divine, éleva sa prière en faveur de tous ceux qui imploreront son secours dans les maladies et les épreuves. Le Seigneur lui apparut alors dans toute sa gloire, en disant : « J'ai entendu ta prière et je t'accorde ce que tu me demandes. » Les corps des Saints Martyrs, pieusement ensevelis après leur exécution, devinrent par la suite une source de bénédictions pour tous ceux qui se réunissaient chaque année sur ces lieux afin d'y célébrer leur mémoire. Saint Blaise est un des Saints Guérisseurs les plus vénérés, tant en Orient qu'en Occident2.

1. Cf. la notice des Cinq Martyrs au 13 déc. (tome 2 p. 111).
2. Son précieux chef est conservé au Monastère de Constamonitou, au Mont Athos.

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