Laurent Wauquiez veut une Europe fière de ses « racines chrétiennes »

Publié le par Père Jean-Pierre

5/02/2011 16:56 LA CROIX

Laurent Wauquiez veut une Europe fière de ses « racines chrétiennes »



Le ministre en charge des affaires européennes a relancé, le mardi 15 février, une réflexion sur l’identité de l’Europe

Après l’identité nationale, un débat sur l’identité européenne ? Le ministre chargé des affaires européennes, Laurent Wauquiez, a présenté à la presse, mardi 15 février, sa vision d’une Europe qui porte ses valeurs et assume ses racines.

Un thème qui fait partie de ses priorités pour parvenir à une « Europe à l’offensive ». « Que l’Europe ait des racines chrétiennes, que le mouvement de christianisation ait joué un rôle majeur dans la construction européenne, qui peut contester ça ? », a interrogé le ministre. « Au nom de quoi aurais-je des complexes à assumer ce fait historique ? », a-t-il encore questionné.

« L’Europe des clochers ne s’assume pas »

Cette prise de position marque une rupture alors que la France, sous la présidence de Jacques Chirac, s’est opposé, avec la Belgique, à la reconnaissance de «l’héritage chrétien» dans le préambule du traité constitutionnel européen. Pour Laurent Wauquiez, ce silence a pesé lourd dans l’échec du référendum français sur ce traité en 2005. « C’est ce type de choses qui ont contribué à créer un rejet (de l’Europe) dans l’opinion publique », a-t-il estimé, ajoutant que l’Europe avait « baissé pavillon » depuis lors.

Les événements récents qui ont frappé les chrétiens d’Orient auront joué en faveur dans cette prise de position nouvelle d’un ministre de la République.

Le mois dernier, Laurent Wauquiez s’était ému de l’absence de mention des fêtes chrétiennes dans un agenda 2011 pour jeunes édité sous la responsabilité de la Commission européenne. Le 12 janvier, convoquant une conférence de presse, il avait poussé un « cri de colère » contre une initiative révélatrice d’une Europe, qui « met un mouchoir pudique sur ce qu’elle est ». « L’Europe des clochers ne s’assume pas » , avait-il dit : « Une identité refoulée est une identité qui se venge. »

Aucune allusion aux pères fondateurs de l'Union

Mardi 15 février, Laurent Wauquiez a exhorté l’Europe à « assumer ses valeurs et son histoire ». « L’Europe n’est pas une juxtaposition d’institutions administratives et de politiques publiques », a-t-il défendu. Elle est le fruit d’une « évolution sur plusieurs siècles », source d’un « modèle de société » et « de valeurs communes ».

Pour « redonner envie d’Europe », le ministre propose de « travailler sur les grands moments où l’Europe s’est imposée » : le « mouvement de christianisation, celui des Lumières » ont selon lui contribué à « forger une conscience commune ».

Laurent Wauquiez n’a en revanche fait aucune allusion à l’héritage des pères fondateurs de la construction communautaire l’Europe, en particulier Jean Monnet et Robert Schuman, ancien ministre des affaires étrangères, pour lequel d’ailleurs un procès de béatification a été engagé.
Camille LE TALLEC (avec Sébastien Maillard)


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