«L’anticipation du face-à-face ultime»

Publié le par Père Jean-Pierre

La Croix

Cyrille Sollogoub, 34 ans, orthodoxe, marié et père de trois enfants, vit à Clamart (Hauts-de-Seine). Il est physicien, enseignant chercheur au Conservatoire national des arts et métiers et président du Mouvement de jeunesse orthodoxe (ACER-MJO)


(Photo : PATRICK GAILLARDIN/PICTURETANK pour La Croix).

« Je considère Pâques comme le sommet de l’année liturgique, à la fois un aboutissement et un nouveau départ. En famille, nous essayons de nous y préparer, convaincus que le Carême donne de l’épaisseur à la célébration de la Résurrection.

Nous autres orthodoxes prenons même un temps de « pré-Carême », c’est vous dire l’importance qu’on y accorde ! L’image de Pâques la plus marquante est cette explosion de joie indescriptible que l’on ressent dans notre liturgie, comme un appel à cultiver l’optimisme dans un quotidien marqué par les difficultés.

Nous nous efforçons aussi de rester fidèles aux traditions spécifiques à l’orthodoxie. Pâques est un temps de rencontre, la joie n’ayant de sens que largement partagée. La liturgie pascale, prolongée jusque tard dans la nuit par des agapes en paroisse, favorise cet échange. Chacun oublie ses contraintes. Cela marque les plus jeunes et les attire, alors qu’on ne les voit pas toujours le reste de l’année.

«Préparer notre propre rencontre avec le Christ vivant»

Dans ma famille, nous avons aussi pour coutume de nous rendre au cimetière pour partager la lumière de Pâques avec les absents qui nous précèdent dans cette joie. Chaque détail compte pour aiguiser la pédagogie pascale.

Cette année, que Pâques soit célébré le même jour par tous les chrétiens me semble une chance à saisir pour donner un témoignage commun face à un monde de plus en plus loin de la foi. Comme d’autres, je considère que les orthodoxes gagneraient à corriger leur calendrier, pour favoriser cette unité.

J’ai d’ailleurs prévu de me rendre au rassemblement sur le parvis de la Défense au matin de Pâques. Si je parviens à me lever ! Plus que tout, si nous vivons Pâques avec une telle intensité, c’est pour préparer notre propre rencontre avec le Christ vivant. Comme une anticipation du face-à-face ultime avec lui. »
Recueilli par François-Xavier MAIGRE
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article