Histoire de la Mission et de la résurrection de l'Eglise orthodoxe en Albanie [1] par le Père. Luc Veronis

Publié le par Père Jean-Pierre

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JEUDI 9 DÉCEMBRE 2010

Histoire de la Mission et de la résurrection de l'Eglise orthodoxe en Albanie [1] par le Père. Luc Veronis

 

Va de l'avant : Histoires de la Mission et de la résurrection en Albanie par le Père. Luc Veronis
De toutes les histoires de la résurrection de l'Eglise orthodoxe dans les pays anciennement communistes, l'Albanie est peut-être la plus dramatique. Après avoir été presque exterminés par le gouvernement athée, l'Eglise d'Albanie a réssuscité, sous la direction de l'archevêque Anastasios, pour devenir un membre dynamique et croissant de la communauté orthodoxe du monde.
P. Luc A. Veronis et sa famille a servi en tant que missionnaires de l'OCMC en Albanie pendant plus de 10 ans, au cours des quelques années les plus cruciales de cette résurrection. Voici des extraits de son livre "Va de l'avant" qui nous font partager des histoires de ces années - des histoires de pauvreté désespérée et d'héroïsme, de revers et de triomphes, de chagrin et de miracles - ces extraits nous appellent tous à répondre au vibrant appel du Seigneur : Allez de l’avant !

«L'héroïsme des missionnaires et leur esprit de sacrifice et d'amour ont toujours tendance à restituer aux églises vieillissantes une énergie vitale nouvelle», remarque l'archevêque Anastase d'Albanie. Ces mots résument pourquoi je tiens à partager des histoires à partir d'un journal écrit pendant dix ans sur un travail missionnaire inter-culturel. Le miracle incroyable qui s'est produit en Albanie depuis 1991, inspiré par l'Esprit Saint et par la vision et sous la direction de l'archevêque Anastase, offre un aperçu de la vitalité, du renouveau, et la vigueur qui va motiver et encourager notre Église contemporaine.
Comment peut-on proclamer la Bonne Nouvelle de notre Seigneur dans le seul pays dans l'histoire récente qui a interdit et persécuté absolument toute expression religieuse pendant 24 ans? La terre d'Albanie revendique un héritage chrétien qui date du premier siècle, en ayant pourtant subi la progression de l'islam à partir du XIVe siècle, suivie de la forme de totalitarisme la plus extrême du communisme. Les athées militants ont crucifié l'Eglise et ont pensé qu’ils étaient parvenus à l’abolir.
Avec la chute du communisme en 1991 l'archevêque Anastasios Yannoulatos est arrivé en Albanie pour voir si quelque chose, persistait de cette antique communauté chrétienne. Il a fait face à la lourde tâche d'annoncer l'Evangile et de faire revivre une église historique tout en étant confronté aux nombreux défis d'un contexte post-communiste: une mentalité athée persistante, une infrastructure de la société brisée, une pauvreté endémique, la corruption généralisée et des préjugés religieux toujours vivaces. « Va de l’avant » offre un aperçu de la façon dont Dieu a ressuscité cette Eglise, en offrant une nouvelle espérance à tant de personnes vivant dans le désespoir.
Dans les années que j’ai vécues en Albanie, j'ai appris que l'amour et la liberté illustrent la voie des missions chrétiennes orthodoxes. Nous incarnons l'Évangile de l'amour, tout en respectant la liberté et la dignité chez chacune des personnes qui écoutent de répondre comme elle se sent touchée par Dieu. La mission authentique n'a rien à voir avec la contrainte, la supercherie, ou la superficialité, mais consiste à faire toutes les choses "dans l'amour, pour l’amour, et par l'amour." Proclamer la Bonne Nouvelle implique de révéler l'amour du Royaume de Dieu en paroles et en actes, et en invitant les autres à se joindre à la communauté de foi sur un chemin de salut.
Ce journal missionnaire aidera tous les chrétiens à comprendre leur rôle dans le drame d'ensemble de l'histoire sacrée, et à attirer chaque personne dans une relation plus profonde avec Dieu tout au long du chemin. Je crois que les histoires et les anecdotes qui se trouvent ici vous inspireront. Vous pouvez y trouver des joyaux de sagesse offerts par des "saints vivants" dont la foi a survécu aux horreurs du communisme. Les nouveaux croyants qui découvrent la perle de grand prix partageront leur cheminement spirituel. Vous verrez les combats et les victoires des serviteurs qui ont essayé d'offrir un témoignage de l'amour de Dieu dans des conditions difficiles.
Par exemple, il y a des histoires au sujet des trois saintes sœurs de Korca - Marika, Demetra et Elizabeta - qui ont décrit leur maison pendant le communisme comme «une petite église souterraine. Même pendant les années les plus dangereuses, nous invitions P. Kosma à venir plusieurs fois par an pour célébrer la Divine Liturgie dans une arrière-salle au milieu de la nuit, explique Demetra. Nous recouvrions les fenêtres avec des couvertures épaisses, afin que personne ne pût voir la lumière de l'extérieur. Nous parlions en chuchotant, afin de ne pas réveiller les enfants. Nous n'avons jamais célébré une liturgie avec les enfants autour, parce que nous craignions qu’ils puissent nous trahir en laissant échapper d’éventuelles paroles imprudentes à l'école. Une personne veillait devant la porte de la maison, pour nous avertir s'il y avait quelqu'un qui venait. Nous nous sentions comme les premiers chrétiens qui se réunissaient dans les catacombes. »
«Plusieurs fois, la police nous a fait venir dans ses bureaux et nous a interrogés, mais Dieu merci, ils ne nous ont jamais emprisonné ou fait du mal physiquement. Ils n'étaient pas sûrs de ce que nous faisions, c’est pour cela qu’ils essayaient seulement de nous intimider. Mais cela n'a pas empêché notre dévotion à Dieu. Même quand le Père. Kosma ne pouvait pas venir, et que nous n'avions pas de prêtre pour célébrer la Divine Liturgie, nous faisions quelque chose d'autre. Je faisais cuire les prosphores, et je plaçais le pain et le vin au-dessus de notre radio. Comme nous vivions tout près de la Grèce, nous pouvions recevoir sur notre radio des émissions d’une station grecque et ainsi écouter la diffusion en direct de la Divine Liturgie. Hoxha avait strictement interdit à quiconque d'écouter des radios étrangères, ainsi nous étions conscients du grand risque que nous prenions. Nous écoutions le poste à très faible volume et nous priions Dieu avec la radio. A la fin, nous mangions le pain et buvions le vin comme notre sainte communion.» A SUIVRE...
(version française de Maxime le minime)

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