Fusillade contre des coptes: des ONG critiquent l'attitude du pouvoir

Publié le par Père Jean-Pierre

20/01/2010 17:14 La Croix
LE CAIRE (Egypte), 20 jan 2010 (AFP) - Fusillade contre des coptes: des ONG critiquent l'attitude du pouvoir

Deux organisations non-gouvernementales (ONG) égyptiennes ont critiqué mercredi le refus des autorités de prendre en compte la dimension confessionnelle de la récente fusillade contre des coptes pour n'y voir qu'une affaire criminelle.

"Ce qui s'est passé à Nagaa Hamadi est un meurtre confessionnel", a déclaré le secrétaire général de l'Organisation égyptienne des droits de l'homme, Hafez Abou Seada.

Six membres de la minorité chrétienne copte ont été tués ainsi qu'un policier musulman dans cette localité de Haute-Egypte par des hommes armés qui ont tiré sur la foule sortant d'une messe, le 6 janvier, veille du noël copte.

"Que l'on tire sur les membres d'une confession particulière au sortir de la messe montre un changement qualitatif dans les actes liés à des tensions confessionnelles", a-t-il encore estimé dans un communiqué.

L'OEDH a présenté un rapport sur cette affaire dans lequel elle affirme que "l'absence de climat démocratique permettant aux citoyens d'évoquer leurs problèmes et d'exercer leurs droits de manière naturelle constitue l'une des raisons principales des incidents confessionnels".

Un autre organisme, l'Initiative égyptienne pour les droits de la personne, a fait écho à ces critiques.

Son directeur exécutif, Hossam Bahgat, a affirmé au cours d'une conférence de presse que les autorités cherchaient à "sortir les événements de Nagaa Hamadi de leur contexte afin d'en réduire la portée".

"Un gros effort est fait pour refuser de décrire ces événements comme confessionnels", ce qui "n'est bon ni pour les musulmans, ni pour les chrétiens", a-t-il déclaré, présentant lui aussi un rapport de son organisation sur cette tuerie.

La fusillade du 6 janvier est l'attaque la plus meurtrière contre les coptes depuis 2000, lorsque des affrontements avaient fait 20 morts parmi cette communauté chrétienne qui représente près de 10% des Egyptiens.

Les autorités égyptiennes dénient tout caractère confessionnel à l'affaire, insistant sur son aspect "criminel" et parlant d'une vendetta après le viol d'une musulmane de 12 ans par un copte.

Trois hommes ont été inculpés d'assassinat dans cette affaire. Ils seront jugés par une cour d'exception à partir du 13 février, et risquent la peine de mort.

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