Egypte/Al-Azhar: "personne n'empêchera le pape de s'exprimer" (Vatican)

Publié le par Père Jean-Pierre

21/01/2011 18:55 LA CROIX
CITE DU VATICAN, 21 jan 2011 (AFP) - Egypte/Al-Azhar: "personne n'empêchera le pape de s'exprimer" (Vatican)

"Personne n'empêchera le pape de s'exprimer", a déclaré vendredi le cardinal Peter Turkson, président du conseil pontifical Justice et paix après la décision de l'institution sunnite Al-Azhar de suspendre ses réunions avec le Vatican pour des propos du pape.

"Chaque pays a le droit de réagir comme il veut mais personne ne peut empêcher le pape de s'exprimer sur ce qui arrive à ses enfants", a déclaré le prélat à l'agence italienne Ansa.

Jeudi, la plus haute institution de l'islam sunnite avait annoncé qu'elle suspendait ses réunions avec le Vatican, à la suite des "attaques répétées contre l'islam du pape Benoît XVI". "Le pape a répété que les musulmans opprimaient les non-musulmans vivant avec eux au Moyen-Orient", avait affirmé dans un communiqué l'institution, proche du pouvoir égyptien.

"Le dialogue avec l'islam ne s'arrêtera pas", a ajouté le cardinal Turkson, soulignant qu'il "n'est pas limité à l'Egypte" et citant notamment l'Iran.

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi avait déjà réagi jeudi: "quoi qu'il arrive, la ligne d'ouverture et de désir de dialogue du conseil pontifical pour le dialogue interreligieux reste inchangée", avait-il déclaré à la presse.

Le pape a condamné à plusieurs reprises l'attentat commis dans la nuit du Nouvel an, devant une église copte orthodoxe Alexandrie (nord), qui a fait 21 morts. Le 1er janvier, il avait demandé aux dirigeants du monde de défendre les chrétiens contre les abus et l'intolérance.

Dès le lendemain, ces propos avaient été qualifiés "d'ingérence" par le grand imam d'Al-Azhar, Ahmed al-Tayyeb, ce que le Vatican avait récusé.

Quelques jours plus tard, Benoît XVI avait souligné l'"urgente nécessité" pour les gouvernements du Moyen-Orient d'adopter, "malgré les difficultés et les menaces, des mesures efficaces pour la protection des minorités religieuses".

Le lendemain, le gouvernement égyptien avait rappelé pour consultations son ambassadeur auprès du Vatican, jugeant que ces propos constituaient une "ingérence inacceptable".

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