Dom André Louf est mort

Publié le par Père Jean-Pierre

LA CROIX DU 14/07



D’origine belge, l’ancien abbé trappiste du Mont-Des-Cats, dans le Nord de la France, est mort lundi 12 juillet à 81 ans. Il était l’auteur de nombreux ouvrages de référence sur la vie spirituelle

Dom André Louf, le 7 février 2002, à l'abbaye bénédictine de Sainte-Lioba, à Simiane Collongue, dans les Bouches-du-Rhône (Photo : Stéphane OUZOUNOFF/CIRIC). 

«J’étais à genoux dans les stalles de l’abbatiale quand j’ai compris comme une évidence l’amour infini de Dieu pour moi. Ce fut une expérience bouleversante, comme si Dieu avait voulu me montrer son vrai visage (…) À partir de ce jour-là, j’ai compris que Dieu dépasse infiniment ce que l’on peut dire de lui. »

Cette expérience de foi, dont il témoignait dans La Croix en 2005, Dom André Louf n’aura cessé de la partager à un large public dans de nombreux ouvrages (1). Associée à une vision renouvelée de la vie monastique et parfois décapante pour son temps, elle l’a imposé comme l’une des grandes figures spirituelles de l’époque contemporaine.

L’ancien abbé trappiste du Mont-des-Cats, dans le Nord de France, est décédé lundi 12 juillet. Retiré depuis 12 ans en Provence, où il menait une vie d'ermite, il était rentré au Mont des Cats il y a quelques semaines à cause de problème de santé. C'est dans l'abbaye dont il avait été abbé pendant 35 ans, et où ses obsèques ont été célébrées mercredi 14 juillet, qu'il repose désormais.

En 2004, il avait rédigé le Chemin de Croix du Colisée

Né en 1929 à Louvain (Belgique), Dom André Louf parlait de la vocation monastique comme d’un « coup de foudre ». Il entre au Mont-des-Cats à 20 ans, passe quelques années à Rome pour des études à l’Institut biblique pontifical, jusqu’à la « surprise » de 1963. À 33 ans, le jeune moine est élu abbé alors que l’âge requis pour occuper cette fonction est de 35 ans. Il tiendra cette charge pendant trente-cinq ans, au fil des évolutions de l’Église et de Vatican II. Elle le mène presque naturellement à l’accompagnement spirituel et lui fait définir les trois étapes de l’itinéraire de l’âme vers Dieu : active, passive et unitive.

Dom André Louf ne faisait pas mystère des crises passagères que peut connaître toute vie de foi. Ses conseils et la précieuse sérénité que dégageait son visage apaisé étaient très prisés des chrétiens. Depuis 1998, il avait réalisé son rêve de jeunesse en allant vivre dans un ermitage, construit pour lui par les frères et sœurs du monastère bénédictin de Saint-Lioba, près d’Aix en Provence.

Cet érudit, connaisseur d’une quinzaine de langues anciennes et modernes, continuait cependant à sillonner la France pour des conférences et à mener ses travaux de traduction des mystiques flamands et des pères spirituels des premiers siècles. En 2004, il avait été choisi par Jean-Paul II pour rédiger le traditionnel Chemin de Croix du Colisée.

Bruno BOUVET

(1) Notamment Au gré de sa grâce (DDB) ; L’humilité (Parole et Silence) ; Dieu intime (Bayard) et Initiation à la vie spirituelle, paru en 2008 chez Parole et Silence.

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