17 FÉV 2011 - PARIS : SÉANCE ACADÉMIQUE DE L'INSTITUT SAINT-SERGE

Publié le par Père Jean-Pierre


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17 FÉV 2011 - PARIS : SÉANCE ACADÉMIQUE DE L'INSTITUT SAINT-SERGE

L'Institut de théologie orthodoxe de Paris (Institut Saint-Serge) a tenu, le 13 février dernier, sa séance solennelle annuelle, sous la présidence du métropolite Emmanuel, évêque du diocèse du patriarcat oecuménique en France et président de l'Assemblée des évêques orthodoxes de France, l'archevêque Gabriel, qui dirige l'archevêché des paroisses de tradition russe en Europe occidentale (patriarcat oecuménique), dont dépend canoniquement l'Institut, étant en convalescence après un opération chirurgicale. Quelque soixante-dix personnes, parmi lesquelles le métropolite Stéphane, primat de l'Eglise orthodoxe d'Estonie qui a reçu du patriarche oecuménique le statut d'Eglise autonome, et l'évêque Nestor de Chersonèse (nom donné au diocèse du patriarcat de Moscou en France, Suisse, Espagne et Portugal), tous deux anciens étudiants à l'Institut Saint-Serge, assistaient à la séance. Après la lecture du rapport d'activité annuel, le discours académique a été prononcé par le père Michel Fortounatto, professeur de musicologie liturgique, sur le thème " Théologie et musicologie : Que reçoit la francophonie dans la transmission de la tradition russe de chant d'Église ? ".

La séance s'est ouverte par la lecture du rapport d'activité pour l'année 2009-2010, présenté par le père Nicolas Cernokrak, doyen de l'Institut Saint-Serge et professeur d'exégèse du Nouveau Testament. Il y a actuellement à l'Institut, a-t-il dit, une cinquantaine d'étudiants réguliers en présentiel et une centaine en enseignement à distance. À la fin de l'année universitaire 2010, douze licences ont été obtenues ainsi que six mémoires de master et une thèse de doctorat soutenus. Parallèlement, la formation théologique par correspondance (FTC) continue de proposer un cycle d'études complet, avec deux programmes, l'un en français, l'autre en russe, pour au total d'environ quatre-vingts inscrits. Une réflexion approfondie portant sur la refonte de l'enseignement académique est en cours. Plusieurs programmes d'échange et de partenariat ont été signées (Thessalonique, Veliko Tyrnovo, Minsk), témoignant de l'intégration de l'Institut dans le réseau des écoles supérieures de théologie orthodoxes. Un programme de mise en valeur des ressources documentaires a été lancé avec l'appui de l'école supérieure en sciences des bibliothèques de Sofia. Le père Cernokrak a également énuméré les rencontres, colloques et pèlerinages qui ont constitué les moments forts de la vie de l'Institut durant l'année écoulée, tout en insistant sur la participation de plusieurs professeurs de l'Institut à la nouvelle édition de traduction oecuménique de la Bible en langue française (TOB) (SOP 353.15).
 
Abordant la situation financière de l'Institut, toujours " préoccupante ", le père Cernokrak s'est félicité du " résultat globalement positif "pour l'année écoulée, tous les postes de recette ayant connu une augmentation, grâce notamment à un don exceptionnel de l'ambassade de Grèce en France et à une progression de 30 % de la subvention annuelle accordée par le ministère français de l'Enseignement supérieur et de la recherche. " Notre existence ici est un miracle permanent ", a souligné le père Cernokrak. Par contre, les contributions de l'AMEITO (Association pour le maintien et l'entretien de l'Institut de théologie orthodoxe), qui demeure l'une des principales sources de financement de l'Institut, connaissent une diminution, ce qui entraîne une baisse des ressources propres. Pour pallier à cette situation, l'Institut a créé un fonds de dotation qui doit lui permettre de procéder à des levées de fonds supplémentaires pour faire face notamment aux problèmes d'entretien et de réhabilitation des bâtiments. " La situation financière s'est améliorée, grâce aux efforts de notre administration et au soutien de nos amis de l'AMEITO, mais nous ne sommes pas riches pour autant. Nous avons des projets et nous devons trouver les financements pour les réaliser ", a-t-il ajouté, avant de se tourner vers les évêques présents dans la salle : " Nous sommes fiers d'avoir parmi nos évêques d'anciens étudiants, et nous comptons beaucoup sur vous ".
Prononçant ensuite le discours académique, le père Michel Fortounatto est parti d'une série de questions : " Quelle théologie sous-tend le chant liturgique ? Qu'est-ce que la " musicologie liturgique " ? Quelle " exégèse " s'applique au chant liturgique ? " Après avoir rappelé les grands cycles liturgiques en usage dans l'Eglise orthodoxe, il a montré comment " le chant d'église retrace le cheminement personnel de l'homme dans sa démarche, depuis le repentir et l'ascèse jusqu'à la gloire de Dieu ". Il a également dressé un parallèle entre le chant liturgique et l'icône. " Ce que le musicien d'Eglise recherche dans le domaine de la justesse du son, outre la beauté spirituelle indéniable qui en ressort, est la transparence à la parole, la légèreté et la finesse de l'étoffe musicale qui habille la parole sacrée ", a-t-il dit, avant d'ajouter : " La démarche de l'iconographe est en tout semblable au chanteur qui chante sans contrainte les intervalles successifs de la cantilène traditionnelle, sur le fond vierge de la gamme naturelle ". Dans la dernière partie de son intervention, le père Michel Fortounatto a proposé une série d'illustrations musicales permettant de mettre en lumière les différents procédés employés dans le chant d'église traditionnel russe et leur application possible au chant liturgique dans les paroisses de langue française  

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