09 DÉC 2010 - TURQUIE : LE PATRIARCAT OECUMÉNIQUE VA ENGAGER DES PROCÉDURES AFIN DE SE VOIR RECONNAÎTRE LA PROPRIÉTÉ D'UN CERTAIN NOMBRE DE BIENS

Publié le par Père Jean-Pierre

SOP09 DÉC 2010 - TURQUIE : LE PATRIARCAT OECUMÉNIQUE VA ENGAGER DES PROCÉDURES AFIN DE SE VOIR RECONNAÎTRE LA PROPRIÉTÉ D'UN CERTAIN NOMBRE DE BIENS

Après la décision, en novembre dernier, d'un tribunal turc de lui restituer l'orphelinat grec orthodoxe de Büyük Ada, la plus grande des îles de l'archipel des Princes, en application d'un arrêt de la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) (SOP 350.19 et 353.21), le patriarcat oecuménique va engager des procédures en justice afin de voir reconnaître ses titres de propriétés sur toute une série d'autres biens en Turquie, églises, monastères et bâtiments divers, à Istanbul et ses environs ainsi que dans les îles de Gökçeada (Imbros) et Bozcaada (Tenedos), indique le quotidien stanbouliote en langue anglaise Today's Zamman, dans son édition datée du 2 décembre 2010. La veille, la Direction générale des " institutions philanthropique " (en turc, " wakoufs ") avait remis à Cem Sofuoglu, l'avocat du patriarcat oecuménique, les titres de propriété de qui ont ensuite été remis au patriarche oecuménique Bartholomée Ier. A cette occasion, Cem Sofuoglu a rappelé que la Direction générale des wakoufs assurait, de manière illégale, la gestion de vingt-trois institutions dont a été spoliée la communauté orthodoxe grecque d'Istanbul et que ces propriétés, à la suite de l'orphelinat de Büyükada, devaient être restitués à leur tour. Il a mentionné notamment plusieurs églises et écoles à Istanbul, des monastères sur les îles de Büyük Ada et d'Heybeliada (Halki), des terrains bâtis à Tenedos. La communauté orthodoxe grecque d'Istanbul (l'ancienne Constantinople), qui possède quatre-vingt-quinze églises, vingt écoles et un hôpital, ne compte plus aujourd'hui que deux à trois mille fidèles, selon les estimations, alors qu'ils étaient cent mille au milieu des années 1920. En dépit des clauses du traité de Lausanne (1923), qui lui reconnaissent des droits spécifiques en tant que minorité, cette communauté s'est heurtée à la pression permanente des autorités turques, qui ont d'abord fermé ses institutions éducatives, philanthropiques et sociales, puis en ont confisqué les bâtiments sous le prétexte qu'ils étaient vides. Depuis plusieurs années, le patriarcat oecuménique cherche à récupérer en son nom ces biens, ce que lui refusent les autorités d'Ankara, arguant de l'absence de personnalité juridique du patriarcat en Turquie. La législation turque en effet le patriarcat oecuménique non pas en tant qu'institution religieuse, mais comme une simple " wakouf ", administrant l'orphelinat de Büyük Ada. Toutes les autres institutions orthodoxes d'Istanbul, qu'il s'agisse des écoles ou des fondations caritatives, sont elles aussi des " wakoufs " indépendants, gérés par des administrateurs élus par les membres de la communauté grecque d'Istanbul. Mais ces institutions sont toujours à la merci d'une décision arbitraire des autorités, qui peuvent à tout moment révoquer les administrateurs et paralyser leur fonctionnement (SOP 233.3). Le patriarche Bartholomée Ier a dénoncé à de nombreuses reprises ces mesures discriminatoires en matière de droits de propriété et d'accès à l'éducation, qui visent à entraver la vie de la minorité orthodoxe de Turquie et le bon fonctionnement du patriarcat (SOP 267.2 et 339.8).
  

 

 

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